ma., 21, col
3. De gen. ad litt., III, 21, G. V., xxviii, 1, p. 88. — Cf. Tixeront, Histoire des dogmes, t. II, p. 461. Paris, 1912.
4. De gen. c. Manichaeos, 19, P. L., XXXIV, col. 187 : « Licet enim nobis eam (benedictionem : crescUe et multiplie amini) etiam spiritualiter acoipere, ut in carnalem fecunditatem post peccatum conversa esse credatur. Erat enim prius oasta conjunctio masculi et feminae;... Quod ideo sic credendum est, quia nondum erant filii saeculi liujus antequam peccarent. Filii enim saeculi hujus générant et generantur, siout Dominus dioit, cum in comparatione futurae vitae quae nobis promittitur, carnalem istam generationem contemnendam esse demonstrat. » — Cf. De cathechizandis rudibus, 18, P. L., XL, col. 332. Saint Augustin écrivit ce livre vers 389.
crescite et multiplicamini, comme si cette multiplication dût être l'effet des progrès de l'âme dans le bien et de l'abondance des vertus; dans cette hypothèse, la génération des enfants n'aurait dû avoir lieu qu'après le péché, pour remplir le vide que la mort laisserait dans les rangs de la société humaine; c) que le corps de nos premiers parents n'était pas spirituel, mais animal, afin que, par le mérite de l'obéissance, il devînt spirituel et digne d'obtenir l'immortalité. Dans ce cas, on devait croire que ce corps avait été créé dans un état de mortalité, par conséquent destiné par sa nature à subir la mort, mais exempt de cette torture par un privilège divin. L'homme aurait pu engendrer des enfants par l'acte conjugal, jusqu'à ce que le nombre des prédestinés fût rempli, sans cependant tomber dans la vieillesse ni subir quelque espèce d'affaiblissement ^
Bien que saint Augustin trouvât cette dernière explication plus probable, il se tint dans le doute sans oser formuler son opinion personnelle.
Son hésitation était plus évidente lorsqu'il disait : « quant à cette parole : crescite et multiplicamini et replète terram, bien qu'i7 semble qu'elle ne puisse s'accomplir que par l'union sexuelle de l'homme et de la femme, ce qui paraît indiquer que leurs corps étaient mortels, on peut dire cependant, qu'il aurait pu y avoir une autre manière de l'accomplir, comme, par exemple, si du seul effet d'une pieuse amitié auraient pu naître des enfants ^ ».
Saint Augustin ne tarda cependant pas à trouver la clef du problème et à préciser sa doctrine.
Le corps d'Adam innocent, écrit-il, était animal et terrestre 3, se nourrissant des fruits réels de l'Eden ^.
Pour ce qui concerne l'immortalité, il s'exprime de la sorte : « Le corps d'Adam, avant même son péché, pouvait