De bono conj., 2, C. V., xli, 3, p
2. De gcn. ad litt., III, 21, G, V., xxviii, 1, p. 88. — Ce livre fut écrit quelques années après le De bono conjugali.
3. Ibid., VI, 19 et 28, p. 192 et 199. De peccatorum merïtïs et remissione, 2, C. V., lx, 1, p. 4.
4. Ibid., 21, p. 194. — De civ. Dci, XIIT, 20, G. Y., xl, 1, p. 644.
être appelé mortel et immortel; mortel, parce qu'il pouvait mourir; immortel, parce qu'il pouvait ne pas mourir. Car, autre chose est de ne pouvoir mourir, comme certaines natures immortelles que Dieu a créées, autre chose est de pouvoir ne pas mourir. C'est en ce dernier sens que le premier homme a été créé mortel. Ce privilège lui était assuré par le fruit de l'arbre de vie, la constitution naturelle de son corps ne pouvant en être la cause; aussi fut-il éloigné de cet arbre, après son péché afin de ne pas échapper à la mort. Il était donc mortel par la nature de son corps animal, et immortel par le bienfait de son Créateur. En effet, son corps, étant animal, était nécessairement mortel en ce qu'il pouvait mourir, et en même temps il était immortel en ce qu'il pouvait ne point mourir i. »
Cette doctrine étant établie, il n'y a plus de difficulté à rejeter les deux premières opinions mentionnées ci-dessus, et à adopter la troisième.
La création d'Adam et d'Eve avec un corps matériel, animal et doué des organes de la génération sexuelle, rend inutile l'hypothèse d'une intervention divine pour la multiplication du genre humain avant le péché originel, et autorise à soutenir que le crescite et inultiplicamini, énoncé au premier moment de la création, ne doit pas s'interpréter au sens figuré, mais au sens propre et littéral.
Ainsi, quoique l'Ecriture ne parle des rapports d'Adam et d'Eve et des enfants qui en naquirent, qu'après l'expulsion du paradis terrestre, on ne voit cependant pas pourquoi ils n'auraient pas pu avoir des enfants avant le premier péché. Dieu pouvait leur accorder, à cause de leur vie pleine de mérites et de parfaite obéissance, d'engendrer des enfants. Les enfants n'auraient pas été engendrés pour succéder aux parents moissonnés par la mort. Pendant que ceux-ci auraient continué à vivre, tout en entretenant la vigueur de leur corps par le fruit de l'arbre de vie placé dans le paradis terrestre, leurs enfants seraient arrivés au même état de vie. Le nombre des hommes étant complet