‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 37 sur 176 · De gen. ad litt., IX, 7, G. V., xxviii, 1, p · texte numérisé non relu

De gen. ad litt., IX, 7, G. V., xxviii, 1, p

Saint Augustin expose donc les biens et les propriétés du mariage, qu'il ne faudra pas confondre avec le but de cette institution.

Un des premiers biens est la société naturelle des deux époux subsistant dans l'union des cœurs et dans l'amour spirituel qu'ils se rendent l'un à l'autre. S^int Augustin nous apprendra que l'essence même du mariage consiste dans cette affection mutuelle, et que la société conjugale est d'autant plus intime et plus louable que cet attachement des esprits est exempt de toute aspiration de la chair. Cependant il n'appell^ pas ce bien un but du mariage.

Dieu a voulu que tous les hommes sortissent d'un seul pour resserrer davantage la vie sociale entre eux par les liens de la nature et de la parenté, et le mariage est le moyen naturel d'aboutir à ce plan par la génération. Ainsi, les enfants, étant la conséquence de cette société de l'homme et de la femme, viennent la consolider davantage. Ils sont le seul fruit honnête du commerce des deux sexes; car même sans ce commerce il pouvait exister entre l'homme et la femme une certaine alliance formée par les nœuds d'une amitié pure et sincère, le premier se réservant le commandement, et la seconde acceptant l'obéissance i.

Saint Augustin spécifie ici assez clairement le but du mariage, c'est-à-dire la génération des enfants. Aucun autre ne correspond à la raison de l'institution de la vie conjugale. Aussi le mariage ne se propose-t-il pas d'établir une société amicale et d'assistance mutuelle entre l'homme et la femme, puisque celle-ci ne peut accomplir le dessein du Créateur. Cette assistance mutuelle sera une conséquence, un bien du contrat conjugal, et aidera à la poursuite du but du mariage; mais elle n'est pas ce but.

Le jnariage est un moyen de resserrer les liens de l'amitié sociale^, et la charité commande qu'il soit contracté entre

1. De bono conj., i, G. V., xli, 3, p. 187 : « Poterat enim esse in utroqiie sexu etiam sine tali commixtione alterius repentis, alteriiis obsequentis amicalis quaedam et germana conjunctio. »

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