PREFACE IX
ecclésiastiques subissaient l'influence de différentes écoles dans rinterprétation des saintes Ecritures, il n'était pas facile, même à saint Augustin, d'esquisser et d'achever d'un seul coup le travail théologique qu'il nous a légué sur le mariage. Il le conçoit, le fait et le refait, le perfectionne pendant toute sa longue vie d'écrivain.
Cette évolution, que l'on peut remarquer dès que l'on commence à comparer les textes, apporte à la doctrine augustinienne une transformation complète sur certaines questions de notre sujet. Il est indisperisable de l'accompagner dans ses différentes étapes, et de noter le moment où cette évolution s'arrête pour exprimer la dernière pensée du saint Docteur; sans quoi, on risquerait d'obscurcir ou de fausser sa doctrine, soit en diminuant l'étendue qu'il lui a donnée, soit en la développant à l'aide de textes qu'il a modifiés ou rétractés plus tard.
Comparer les affirmations et choisir de préférence celles que saint Augustin a formulées principalement dans les derniers écrits où il traite ex professa des questions sur le mariage, est une tâche à laquelle on ne saurait se soustraire dans l'étude de l'œuvre de l'évêque d'Hippone. Cette étude comparative conduira nécessairement à la recherche du sens littéral, varié parfois, de certains mots, que l'illustre écrivain a employés avec des significations antres que celles d'aujonrd'hni.
Les différentes polémiques, an cours desquelles la doctrine augustinienne s'est développée, si elles ont concouru à l'établir, lui ont donné parfois aussi des tournures un peu ambiguës, que Ton peut cependant aisément expliquer, en se rappelant les théories qu'il voulait combattre. La discussion porte par moment sur un seul point doctrinal défendu d'une façon différente par deux sectes hérétiques. On comprend dès lors que la réfutation d'une erreur peut comporter des expressions apparemment favorables à une autre. Il ne sera pas facile, néanmoins, de surprendre saint Augustin en contradiction avec ses principes. Il s'y attache constamment pour tirer des conclusions définitives, si le raisonnement y conduit, et pour reconnaître loyalement l'incerti-