‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 42 sur 176 · Contra Faustum, XV, 7, C. V., xxv, 1, p · texte numérisé non relu

Contra Faustum, XV, 7, C. V., xxv, 1, p

2. Mausbagh (Op. cit., t. I, p. 322) a raison de faire remarquer que rien n'est plus injuste que d'attribuer à saint Augustin l'oubli des éléments moraux du mariage et de la parfaite vie conjugale. La doctrine sur l'essence du contrat matrimonial, sa sollicitude à éloigner de l'esprit des époux toute influence du désordre de la concupiscence, et à les resserrer spirituellement par les liens d'une mutuelle et inébranlable fidélité, son insistance, enfln, à signaler à la femme la loi de l'obéissance, à l'iiomme

Julien, ropiniâtre défenseur de la doctrine pélagienne, prétendait ne voir dans le mariage que le seul commerce Gharnel.

Mais, « autre chpse est l'essence de la société conjugale, autre chose est Tacte sans lequel le mariage ne peut pas engendrer des enfants. En effet, de même que les hommes peuvent abusivement se multiplier hors de Tétat matrimonial, de même il peut exister de véritables époux sans auclan rapport sexuel. S'il en était autrement, on ne pourrait dire, unis par le mariage deux conjoints avancés en âge renonçant à l'acte conjugal où impuissants à l'accomplir. »

La définition du mariage proposée par Julien est donc erronée. « Tout au plus, pourrait-on dire que le commerce des sexes est le premier motif déterminant du mariage, puisque la procréation des enfants en est le vrai but ^.»

L'acte conjugal établissant l'union des corps est une marque d'affection charnelle. Or, « le mariage subsiste par le contrat de fidélité voulu par les époux. Ainsi, la Vierge Marie était la véritable épouse de Joseph, bien que celui-ci ne l'eût jamais connue ni ne dût jamais la connaître 2». C'est donc l'union des cœurs, non par l'amour charnel, qui forme le lien de la société conjugale ^.

Que personne donc ne regarde le commerce des sexes dans le mariage comme étant d'une telle importance, qu'on ne puisse être marié sans cela. Au contraire, le mariage des chrétiens les unit . d'autant plus étroitement, qu'ils imitent les parents du Christ unis par l'affection des âmes et renonçant à tout rapport sexuel ^.

Quoique la génération soit un bien et le but du mariage, le souffle de la concupiscence nuit à la pureté de l'union spirituelle des époux. Aussi bien si l'on pouvait avoir des

celle du respect et de la charité, et à tous les deux le devoir de Téducation morale des enfants, suffisent à laisser voir la haute conception que le saint évêque s'était faite de l'état et de la vie du mariage.

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