Contra Faustumj xxiii, 8, G. V., xxv, 1, p
52 LA. DOCTaiNE DU MARIAGE SELON SAINT AUGUSTIN
enfants sans l'acte conjugal, on devrait s'abstenir de cet acte; mais, puisque cela n'est pas possible dans l'état présent des choses, il ne faut y consentir que par nécessité et à regret ^.
Puisque le mariage symbolise l'union du Christ avec son Eglise, les conjoints se rapprocheront d'autant plus de ces deux époux divins, qu'ils imiteront leur amour purifié de toute attache sensuelle. On doit donc estimer de beaucoup plus heureux les mariages où les époux, ayant obtenu des enfants ou renoncé totalement à en avoir, peuvent se vouer d'un commun accord à la parfaite continence 2. Le lien conjugal est loin d'avoir été rompu entre eux. L'accord qu'ils ont fait ensemble n'a servi, au contraire, qu'à le resserrer davantage et à les unir plus intimement par les purs sentiments du cœur 3.
Le véritable amour conjugal se purifie et se fortifie au fur et à mesure que les époux se dégagent volontairement de l'atmosphère de la sensualité, et se regardent réciproquement comme des créatures de Dieu, en y aimant ce qui est de Vhomme et haïssant ce qui est de Vépoux.
Enfin, le mariage chrétien trouve sa perfection sublime et idéale dans l'union fraternelle des époux, étrangère à tout rapport des sexes ^.
Cette doctrine pourra paraître en contradiction avec l'autre, où le saint Docteur indique la génération comme la fin unique du mariage. Si Dieu a institué le mariage uniquement pour la génération, et si les fiancés ne peuvent pas exclure ce but de leur contrat, comme saint Augustin nous l'apprendra ailleurs, comment peut-il soutenir ici que la'plus
1. Sermo, 51, 15, P. L., XXXVIII, col. 348. — Cf. Contra JuL, V, 12, P. L., XLIV, col. 810.
2. De Sermone Domini in monte, I, 14, P. L., XXXIV, col. 1249 : « Beatiora sane conjugia judicanda sunt, quae slve filiis procreatis, sive ctiam ista terrena proie contempta, continentiam inter se pari consensu servare potuerint : quia neque" contra illud praeceptum fit, quo Dominus dimitti conjugem vetat; non enim dimittit qui cum ea non carnaliter, sed spiritualiter vivit. »