‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 48 sur 176 · De nupt. et conc, II, 5, C. V., xlii, 2, p · texte numérisé non relu

De nupt. et conc, II, 5, C. V., xlii, 2, p

/j. Z)e gen. ad litt., IX, 10, G. V., xxviii, 1, p. 278. 5. C. Jiil, Y, 16, P. L., XLIV, col. 816.

et de lui attribuer la doctrine manichéenne affirmant que la nature humaine est un mal.

La nature n'est pas un mal, répond le saint Evêque, car rhomme est toujours quelque chose de bon, puisque Dieu est son auteur. La nature reste toujours bonne, en tant que nature. Elle devient mauvaise et viciée par la corruption qu'y a introduite l'état de « corps de mort » d'Adam, ou les excès d'une volonté mauvaise i. Par contre, la « concupiscentia carnis » est un mal que la prévarication du premier homme a fait glisser dans la substance bonne de notre nature 2. Elle est un mal, car elle est un désordre entre la chair et l'esprit; aussi ne peut-elle pas dériver de Dieu, Créateur du corps et de l'âme, mais de l'élément séducteur du premier homme ^. Elle provoque le juste aussi bien que le pécheur à la perpétration d'actes criminels, avec tant de violence que seulement une volonté énergique peut lui résister *. Saint Paul nous rappelle cette lutte sans trêve (Gai., v, 17) : « Caro concupiscit aduersus'spiritum, spiritus autem adversus carnem; haec enim sihi invicem adversantur ^. »

La concupiscence de la chair est donc un mal, mais elle n'est pas un péché. Saint Augustin distingue clairement entre un mal moral et un péché proprement dit. Tout péché est un mal moral, mais tout mal moral n'est pas un péché. La concupiscence est un défaut, un vice, une propension héréditaire au péché, sans être cependant un péché au sens rigoureux du mot. Saint Paul l'appelle de ce nom, eu égard

1. Contra Jul. op. imp., III, 181, P. L., XLV, col. 1323 : « Boniim aliquod est homo, etiam quisquis majoris aetatis est malus homo. Non enim quod malus homo est, aufert ei quod bonum aliquod est, cujus naturae, id est, boni hujus auctor est Deus, quaecumque mala vel originis attrahat vel voluntatis adjiciat. » — IbicL, 193, col. 1330 : « Eadem quippe natura, et bona est, in quantum natura est, et mala est, si vitiata est ;^ non est tamen malum ulla omnino natura. » .

2. IMd., 177, col. 1321 : « Dioimus eam esse vitium substantiae bonae, quod in nostram naturam per praevaricationem pi:imi hominis versum est. »

3. C. Jul. op. imp., IV, 27, P. L., XLV, col. 1352 : « Quac discordia carnis et spiritus, non creatori carnis aut sensus, sed malo suasori et homini praevaricatori tribuitur ab eis, quorum flde sana error insanus Pelagianorum et Manichaeorum damnatur. »

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