‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 61 sur 176 · De fide et operibus, Ibid., p · texte numérisé non relu

De fide et operibus, Ibid., p

lA VIE CONJUGALE 77

L'adultère cause la mort de Fâme ^, puisqu'il renferme toute la raialice d'un péché grave'^.

Saint Augustin trouve la raison de cette malice dans la nature même de l'adultère. Ce n'est pas parce que la loi défend d'aliéner la foi au lit conjugal que l'adultère est mauvais; mais parce qu'il est mauvais, il est défendu par la loi; « non sane ideo malum est, quia vetatur lege; sed ideo vetatur lege, qiiia malum est ». De. même, il né devient pas un crime seulement à cause de l'injustice qu'il fait à la partie offensée, car deux époux pourraient convenir réciproquement d'offrir leur corps à d'autres personnes, en renonçant au droit qu'ils ont l'un sur rautre, et pourtant ils n'en commettraient pas moins un péché d'adultère. La malice de ce crime dérive du désordre de la concupiscence qui y exerce son empire sur la loi de la raison^.

Cette passion méprise la loi immuable et éternelle gravée dans le plus profond de la conscience humaine, selon laquelle les instincts corporels doivent se soumettre à la lumière de rintelligence, le matériel au spirituel, l'inférieur au supérieur ^. C'est pourquoi tous les bieps de la terre, y compris même la vie, doivent se sacrifier, s'il le faut, au respect de la fidélité conjugale 5.

Ni la maladie chronique d'un époux, ni la grande distance où ils pourraient se trouver, ni même le vœu de continence émis contre la volonté de l'autre conjoint, ne peuvent l'excuser du crime d'adultère ^.

L'ignorance seule peut rendre innocent de ce péché le mariage d'une jeune fille avec un homme marié, lorsqu'elle ignore que celui-ci est déjà uni à une autre femme par les liens conjugaux. « Si elle l'ignore toujours, on ne pourra jamais lui reprocher l'adultère, mais le jour où elle en aura connaissance, sa cohabitation avec cet homme ne devra plus

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