‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 73 sur 176 · Sermo 349, 3, P. L., XXXIX, dol · texte numérisé non relu

Sermo 349, 3, P. L., XXXIX, dol

4. C. Jid. op. imp., I, 65, P. L., XLV, col. 1084 : « Alia sunt ad nuptias proprie pertinentia, quibus ab adulteriis nuptiae discernuntur, sicut est thori conjugalis fides, et cura ordinate filios procreandi, et quae maxima differentia est, bonus usus mali, hoc est, bonus usus concupiscentiae carnis, quo malo adulteri utuntur maie. »

. 5. De nupt. et conc, I, 15, G. V., xlii, 2, p. 229 : « Aliud est non concumbere nisi sola voluntate generandi, quod non habet culpam. » — De bono conj., 6, G. V., xli, 3, p. 195 : « Gonjugalis enim concubitus

Par cette exclusion, saint Augustin prétend éloigner de l'union des époux ce qu'on appelle l'apaisement de la concupiscence. Il est intransigeant, rigoureux, peut-être même rigoriste, dans cette question.

L'acte conjugal — écrit-il contre Julien — n'a pas été institué en vue de la concupiscence de la chair, mais pour le bien qu'on obtient par le bon usage du mal de la concupiscence 1. Tout ce qui dépasse ce but est contraire à la raison, n'appartient pas au mariage et ne peut être sans péché 2.

Si l'homme n'eût pas péché, l'œuvre de la génération se serait réalisée dans des conditions bien plus favorables que ne sont celles de la nature déchue par la faute originelle.

Saint Augustin ne doute pas que l'instinct de la génération soit naturel à l'homme comme un bien dont le Créateur l'a doué. Il a toujours hésité, cependant, à admettre dans les corps de nos premiers parents innocents le mouvement sensuel excitant à la reproduction.

Il s'explique sur ce sujet en présentant quatre hypothèses où l'on peut concevoir l'état d'Adam et d'Eve avant le péché : a) l'obéissance à la concupiscence, lorsqu'elle les pousserait à l'acte conjugal; b) la lutte contre elle, quand l'union des sexes ne serait pas nécessaire à la génération; c) la soumission de la concupiscence à la voix de la volonté, quand la génération serait nécessaire; d) l'absence de toute concupiscence, de sorte que le corps effectuerait la génération sur l'impulsion de la volonté, comme cela arrive dans d'autres opérations corporelles.

La première hypothèse serait un état de soumission aux exigences de la volupté; la seconde un état de malheur et

generandi gratia non habet culpam. » — Ibid., 10, p. 203 : « Concubitus enim necessarius causa generandi inculpabilis et solus ipse nuptialis est. » — De nupt. et conc, I, 4, G. V., xlii; 2, p. 215 : « Gopulatio itaque maris et feminae generandi causa bonum est naturale nuptiarum. »

1. C. JuL, m, 23, P. L., XLIV, col. 730 : « Non enim oopula nuptialis sicut putas, propter carnis concupiscentiam, sed propter bonum quod de isto malo fit, instituta est. »

2. De bono conj., 10, G. V., xu, 3, p. 203 : « Ille autem, qui ultra istam neoessitatem progredîtur, jam non rationi, sed iibidini obsequitur. » — Cf. De pecc. orîg., 38, C. V., xlii, 2, p. 201.

d'inquiétude constante ; dans la troisième il y aurait la concupiscence sexuelle, mais elle ne s'éveillerait qu'à l'appel de la volonté; dans la quatrième elle n'existerait point, mais les sexes obéiraient à la volonté, comme il en est des bras, de la langue, de la tête, etc..

Saint Augustin rejette les deux premières hypothèses comme incompatibles avec la justice et la félicité originelles; il ne trouve pas de répugnance à admettre les deux autres, sans cependant indiquer laquelle a existé avant le péché 1.

Son doute repose sur l'existence, à l'état de justice originelle, de la concupiscence sexuelle, même en parfait accord avec la loi de la raison, c'est-à-dire de cette concupiscence par laquelle les sexes tendent à manifester leur fécondité. « Ou elle ne fut point en Adam avant le péché, ou elle a été viciée en lui par le péché. Si elle n'y était point, les sexes auraient pu s'unir convenablement sous le commandement de la volonté; si elle y était, elle se serait soumise sans aucune répugnance aux lois de la raison. Si donc elle n'existait pas avant le péché, elle est un vice après le péché; si elle existait, elle a été viciée par le péché, puisqu'aujourd'hui elle est en lutte contre la raison^. »

Ce qui est hors de doute, c'est qu'avant le péché il n'y avait point d'opposition entre la concupiscence de la chair et la loi de la raison. La génération sexuelle aurait eu lieu quand même l'homme n'eût pas péché, mais sans les ardeurs voluptueuses qui l'accompagnent à présent ^.

1. Contra cluas epîst. Pelagianorum, I, 17, G. V., lx, 1, p. 450.

2. C. Jul. op. imp., VI, 22, P. L., XLV, col. 1553 : « Gonoupiscentia porro Garnis per quam jactus carnalium seminum provocatur, aut nulla in Adamo fuit ante peccatum, aut in illo vitiata est per pecoatum. Aut enim sine illa poterant et genitalia congruenter moveri, et conjugis gremio semen infundi, si nulla tuno fuit, aut ad nutum voluntatis etiam ipsa sefvire, si fuit. Nunc autem si talis esset, nunquam caro contra spiritum concupisceret. Aut ergo ipsa vitium est, si nulla fuit ante pecoatum, aut ipsa sine dubio est vitiata peccato. » — Ibid., III, 177, col. 1321 : « ... si in paradiso hominum félicitas permaneret, aut nulla (concupiscentia) ibi esset, aut nulles motus contra nutum voluntatis exsereret, quibus necesse esset obsistere, ut illi felicitati honestas congrua redderetur. »

3. De civ. Bel, XIV, 24, G. V., xl, 2, p. 50 ; De nupt. et conc, I, 5 et 21,

L'acte conjugal ne violerait pas la virginité de la femme, il n'apporterait pas d'angoisses à la vierge pour concevoir, de même que la mère n'aurait pas les douleurs de l'enfantement ^

Mais le péché a renversé cet ordre. L'acte conjugal, tout en conservant sa valeur morale, s'est retrouvé sous la domination d'une concupiscence qui menace de lui enlever toute sa dignité et de le transformer même en un acte bestial. Cette circonstance est d'autant plus lamentable, qu'elle est une conséquence de la perversion de la nature dont les époux ne peuvent pas se dégager 2.

C'est pourquoi les mariés doivent s'élever au-dessus de cette défaillance morale pour n'attacher leur volonté dans l'acte conjugal qu'au bien de la génération. Les époux chrétiens — - nous l'avons appris déjà — doivent se proposer la génération des enfants dans l'intention d'en faire des membres du Christ^.

Saint Augustin apporte ici quelques conclusions concernant surtout le côté moral de l'acte conjugal.

C'est un crime honteux que d'empêcher la génération

C. V., XLii, 2, p. 218 et 236; H, 7, 13, 22, 31. Ibid., p. 270, 279, 291, 310. — C. Jul. op. imp., passim.

1. De pecc. orig., 35, C. V., xlii, 2, p. 199 : « ...nec, sicut nuno fit, virginitatis integritas. ad conoipiendos fétus vi turbidi vitiaretur ardoris, sed obsequeretur imperio tranquillissimae caritatis et eo modo non esset dolor et oruor virginis concumbentis, quomodo non esset etiam matris gemitus parientis. » — De civ. Dei, XIV, 26, G. V., xl, 2, p. 54 : « In tanta f elicitate rerum et felicitate hominum absit ut suspicemur non potuisse prolem seri sine libidinis morbo, sed eo voluntatis nutu suo moverentur membra îlla quo cetera, et sine ardoris inlecebroso stimuio cum tranquillitate animi et corporis nulla corruptione integritatis infunderetur gremio maritus uxoris. Neque enim quia experientia probari non potest, ideo credendum non est, quando illas corporis partes non ageret turbidus calor, sed spontanea potestas, sicut opus esset, adhiberet, ita tune potuisse utero conjugis salva integritate feminei genitalis virile semen immitti, sicut nunc potest eadem integritate salva ex utei^o virginis fluxus menstrui cruoris emitti. Eadem quippe via posset illud injici, qua hoc potest ejici. Ut enim ad pariendum non doloris gemitus, sed maturitatis impulsus feminea visoera relaxaret, sic ad fetandum et concipiendum non libidinis appetitus, sed voluntarius usus naturam utramque conjungeret ».

2. M, 38, C. V., XLII, 2, p. 201; De nupt. et conc, 1, 8, Ibid., p. 220.

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