‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 8 sur 176 · De civîtate Bel, XIV, 11, G. V., xl, 2, p · texte numérisé non relu

De civîtate Bel, XIV, 11, G. V., xl, 2, p

2. Ibïd.i 23, p. 47 : Illud potius est credendum, quod sanotorum niimerus quantus complendae illi suffioit beatissimae oivitati, tantus existeret, etsi nemo peccasset, quantus nunc per Dei gratiam de multitudine colligitur peccatorum, quo usque filii saeouli hujus générant et generantur » .

3. /&id., XV, 16, p. 95 : « Gopulatio igitur maris et feminae, quantum adtinet ad genus mortalium, quoddam seminarium est Givitatis. »

4. Contra JuUanum opus imperfectum, III, 198, P. L., XLV, col. 1332 : « Nasoeretur enim etiam natura humana in paradiso, ex Dei benedictione fecunda, etiamsi nemo peccasset, donec Deo praecognitus sanctorum numerus compleretur. »

descendants auraient reçu^ par une autre bénédiction spéciale et plus féconde que la premièric, la pleine certitude de ne point pécher ni mourir, comme l'ont reçue les migei restés fidèles ^.

Ce serait une erreur de croire que Dieu a voulu la propagation du genre humain pour suppléer aux ravages de h mort; parfaire le nombre des saints du ciel, tel a été h but unique du Créateur, quand il a institué Tunion conjugale de rhonuDje avec la femme ^,

Saint Augustin n'hésite même pas à sacrifier la virginitc au profit du nombre des élus, tant il reconnaît la nécessite d'obtenir ce nombre en entier. Si cette belle vertu est honorable et méritoire aux yeux de Dieu et même des hommes c'est que, aujourd'hui, le besoin d'engendrer selon la chaii est moins urgent, puisque les moyens de pourvoir au nombre des prédestinés abondent dans toutes les nations 3. Aussi la virginité, aujourd'hui source de mérites pour ceux qu s'abstiennent de toute union charnelle par esprit de pénitence, aurait été chez nos premiers parents un oubli regret table du plan de Dieu, en supposant que pour la conserve] ils eussent dû s'abstenir de l'acte conjugal. Saint Augustir nous permet encore d'arriver à cette conclusion, lorsqu'i

1. De civitate Del, XIV, 10, C. V,, xl, 2, p. 26 : « atque ista perma •nente felicitate, doneo per Ulam benedictionera, qua diotum est : Cre^ cite et multiplicamini, praedestinatoruin sanctorum numerus comple retur, alia major daretur, quae beatissimis angelis data est, ubi jaii oerta securitas peccaturum neminem neminemque moriturum, et tali esset vita sanctorum post niillum laboris, doloris, mortis experimentum qualis erit post haec omnia in inoorruptione corporum reddita resurrec tione mortuorum ».

2. C. Jul. op. imp., VI, 30, P. L., XLV, col. 1582 : « Omnino erras qui propterea putas instituta esse conjugia, ut decessio mortuorum sup pleretur sucoessione nascentium... Si autem nemo peccaret, et ob ho etiam nemo moreretur; sanctorum numéro terminato, quantus futur sufflceret saeculo, hoc saeculum fmiretur, ubi et non peccandi et pec candi facultas esset, atque illud succederet ubi quisquam pecoare noj posset. »

3. De g en. ad litt., IX, 7, G. V., xxviii, 1, p. 275 : « Unde enim magnui] magnique honoris meritum apud Deum fidelis et pia virginitas habel nisi quia isto jam tempore continendi ab amplexu, cum ex omnibu gentibus ad implendum sanctorum numerum largîBsima suppetat copie percipiendae sordidae voluptatis libido non sibi vindicat, quod jam suffi ciendae prolis non postulat necessitudo? »

répète à maintes reprises qu'aux premiers temps du genre humain, comme à l'époque des anciens Patriarches, la génération était une nécessité, un devoir de l'homme, « officium gêner andi »^.

Mais la pensée du saint évêque devient particulièrement évidente quand il nous montre la nécessité dans laquelle se trouveront les siècles futurs de parfaire le nombre des élus. Non seulement il est indispensable que ce nombre soit obtenu, non seulement la génération tend à cette fin, mais nulle autre raison n'explique la longue durée de ce monde, si ce n'est la nécessité de compléter le nombre des prédestinés. La durée de ce siècle ne sera plus prolongée dès que ce nombre sera atteint ^.

Il est donc hors de doute que la Cité céleste, étant la raison primordiale de la création de l'homme et la fin suprême vers laquelle est dirigée la vie humaine sur la terre, est aussi le principal et le plus puissant motif de la propagation de la race humaine, Dieu n'ayant créé qu'un seul couple, d'où tout son peuple devait naître. De l'infinie sagesse de ce plan du Créateur découle l'urgente nécessité de la génération à l'époque où l'humanité n'est représentée que par un petit nombre d'individus.

1. De bono viduitatis, &, C. V., xli, 3, p. 316 : « Qui enim dixit si se non continent, nubant, potuit dicere : si fllios non habent, nubant, si post resurrectionem praedicationemque Ghrîfeti... taie officium esset ex carne filios propagare, quale primis temporibus fuit. » — De bono conjugali, 9, Ibid., p, 200 : « Ex quo colligitur primis temporibus gèneris liumani maxime propter Dei populum propagandum, per quem et proplietaretur et nasceretur princepê et salvator omnium populorum, uti debuisse sanctos isto non propter se expetendo, sed propter aliud neoessario bono nuptiarum. » — Cfr. De sancta virginitate, 9, Ibid., p. 242. — De gen. ad Utt, IX, 7, C. V., xxviii, 1, p. 275.

2. De bono vid., 23, G. V., xli, 3, p. 341 : « Quasi propter aliud retardaretur hoc saeculum, nisi ut impleatur praedestinatus numerus ille sanctorum, quo eitius impleto, profecto nec. terminus saeculi differetur. »

ARTICLE II Nature de la g^énèration humaine.

L'homme a été créé pour travailler, et le travail est une source de louanges envers Dieu. — La génération est Vœuvre la plus admirable de la nature. — Elle a une valeur morale et instructive.

La génération, à laquelle la nature humaine est inclinée, est le moyen établi par Dieu pour l'accomplissement de ses desseins en vue de la multiplication de la race humaine. Par ce mystérieux épanouissement de la vie, elle fournira à la partie supérieure de l'homme un aliment spirituel, et coopérera à sa perfection morale.

Quand saint Augustin cherche à expliquer la parole de la Genèse (II, 15), « ut operaretur et custodiret », il voit là le plan de Dieu sur le chef-d'œuvre de sa main créatrice, et en même temps le but de la vie de l'homme sur la terre.

L'homme a été placé dans le paradis terrestre pour travailler. Mais le travail n'était pas une punition; exempt de fatigue, il devait être une source de joie pour son esprit. Rien de la part du ciel ou de la terre n'en devait contrarier le fruit. La nature, aidée par le travail, serait devenue plus fertile, et aurait porté l'homme à louer encore mieux le Créateur, qui avait donné à l'âme, placée dans un corps animal, la compréhension du travail et la facilité de s'y livrer, non par besoin, mais par pur agrément ^.

Ainsi le travail de la terre eût été, sans la faute originelle, un délassement pour l'esprit de l'homme, un champ d'études, une école où il aurait appris à louer Dieu.

Quoi de plus beau, en effet, quoi de plus admirable, que cette contemplation de la nature? quand l'homme, dans l'épanouissement de sa raison, peut-il mieux s'entretenir avec la nature des choses, que lorsque, après avoir jeté des

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