‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 84 sur 176 · De serm. Dom., I, 16, P. L., XXXIV, col · texte numérisé non relu

De serm. Dom., I, 16, P. L., XXXIV, col

2. De bono conj., 7, C. V., xli, 3, p. 196 : « Poissit enim homo dimittere sterilem uxorem et ducere, de qua filios habeat, et tamen non licet, et nostris quidem jam temporibus ac more romano neo superducere, ut amplius habeat quam unam vivam. » — Ibîd., 15, p. 210 : « Non est enim propagandi nécessitas, quantum fuit, quando et parientibus conjut gibus alias propter copiosiorem posteritatem superducere licebat, quod nunc certe non licet. »

104 h\. DOCTRINE DU MARIAGE SELON SAINT AUGUSTIN

pas que ces bigames aient commis une faute, mais ils ont manqué en quelque façon au signaculum sacramenti ^.

La polygamie n'est donc pas permise aujourd'hui, car la loi et les mœurs actuelles la défendent. Saint Augustin ne trouve pas d'autres raisons pour interdire absolument à un homme la possession de plusieurs femmes. « Là où cette coutume était dans les mœurs des peuples, il n'y avait point de crime à la suivre, et ce n'est un crime à présent que parce que de pareilles mœurs n'existent plus »; « quando enim mos erat, crimen non erat; et nunc pr opter ea crimen est, quia mos non est ^ »... Pourquoi de nos jours considèret-on la polygamie comme un crime? — C'est parce que les mœurs et les lois la condamnent. — « Quiconque, en effet, méprise ces deux choses, quand même il ne ferait usage de plusieurs femmes que dans le but d'obtenir des enfants, commettrait cependant un péché, offenserait la société humaine, qui a pourtant intérêt à la multiplication de la race^. »

La loi évangélique, prescrivant au mariage chrétien le caractère monogamique, a voulu faire respecter aussi le sacramentum de la société conjugale. C'est ici l'un des effets du troisième bien du mariage.

Le caractère essentiel de l'unité du mariage chez les chrétiens ne dérive, selon saint Augustin, que du symbolisme sacramentel ^. L'union conjugale de l'homme et de la femme est le symbole de l'union mystique du Christ avec l'Eglise et de Dieu avec l'âme humaine. Or il n'y a qu'un seul et vrai Dieu qui puisse être l'époux des âmes, tandis qu'une seule âme peut tomber dans l'adultère en s'unissant à plusieurs faux dieux. C'est pourquoi une femme ne peut être liée à plusieurs maris; en effet, si un seul homme peut féconder plusieurs femmes, une femme se livrant à plus

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