‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 114 sur 277 · Voir n · texte numérisé non relu

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ÉCRIVAINS niVERS I99

l'idée que pour déclarer tout h fait innocent celui qui a pris part h une guerre et rexenij)(er de toute pénitence, s'il a tué quelqu'un, il faudrail être certain que rien de mauvais n'a vicié son intention.

131. — Nicolas P', pape de 858 à 867. On a de lui un asscii grand nombre de lettres, et une « Réponse aux demandes des Bulgares » [fiesponsa ad consulta Biilcjaroriim, anno 866), dans laquelle se trouvent traitées un certain nombre de questions relatives à la guerre (Migne, GXIX, p. 998). Nous en extrayons les passages suivants (l) :

XXII : A l'égard de ceux qui prennent la fuite, alors que vous marchez au combal, si votre miséricorde n'a pas pitié d'eux, du moins qu'elle tempère la sévérité des lois.

XXIII : De môme, pour ceux qui, recevant l'ordre de marcher contre l'ennemi, ne tiennent pas compte de l'ordre qui leur est donné.

XXXIV : Vous demandez aussi s'il vous faut, quand on vient vous chercher pour marcher au combat, partir aussitôt, ou s'il y a des jours où il n'est pas opportun de combattre. A quoi nous répondons : Il n'y a pas de jours à observer pour entreprendre ou faire quelque chose, sauf — et hors des cas de nécessité — les jours de fête que tous les chrétiens célèbrent et vénèrent : ce n'est pas qu'il soit défendu en ces jours-là de faire telle ou telle chose, ou que nous placions nos espérances en tel ou tel jour (car ce n'est pas des jours, mais du seul Dieu vivant qu'il faut attendre notre salut), mais parce que, si la nécessité ne nous oblige pas de faire autrement, nous devons pendant ces jours nous appliquer avec plus d'ardeur à la prière, et prendre part aux cérémonies religieuses de la fètc...

XXXVI : Ce qui précède répond à votre question : Convient-il de se mettre en voyage ou de marcher au combat les dimanches et jours de fête, quand il y a nécessité ?

XLVI : Peut-on faire la guerre en temps de carême, soit qu'il y ait, soit qu'il n'y ait point nécessité, c'est une question à laquelle il n'est pas nécessaire cjue nous répondions ; car, d'après tout ce que nous venons de dire, vous pouvez savoir, même si nous nous taisons, ce qu'il convient que vous fassiez. Les batailles, les combats auxquels donnent lieu les guerres, sont, comme d'ailleurs toutes les disputes, certainement l'œuvre du diable et de son art astucieux : elles ne sont recherchées et aimées que par ceux qui ont le désir ardent d'agrandir leur empire, ou qui sont dominés par la colère, l'envie, ou quelque vice analogue. Et c'est pourquoi, s'il n'y a pas de nécessité, ce n'est pas seulement pendant le carême, c'est toujours qu'il faut s'en abstenir. Mais s'il y a vraiment nécessité, on peut sans aucun doute, même en temps de carême, se préparer à la guerre, quand il s'agit de se défendre ou de défendre sa patrie et les lois de ses ancêtres. Autrement l'homme semblerait tenter Dieu, si. ayant les moyens de le faire, il ne veillait pas à son salut et à celui des siens, et ne préservait pas la religion des maux qui la menacent. Les murailles de Jéricho

131. = (t) Voir d'antres endroits rp 66, note 2, et 71, note 4.

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