L'empereur est le souverain temporel du monde entier
3. Le pape est le souverain temporel de toute la terre. Nous allons dans les chapitres suivants examiner successivement ces trois erreurs.
150. — Lorsque le Nouveau-Monde eût été découvert, les conquérants voulurent justifier leur prise de possession et leur droit d'employer les armes contre les indigènes qui refusaient d'accepter leur domination. Ils s'efforcèrent en conséquence de faire refleurir, avec beaucoup d'autres, les trois thèses signalées plus haut. C'est alors que Victoria écrivit son traité De Indis, dans lequel il passa en revue les titres plus ou moins faux invoqués par les conquérants du Nouveau- Monde (1). Il déclare complètement erronées les thèses précitées ; nous verrons plus loin les raisons qu'il donne de cette affirmation. Suarez ne les discute pas longuement, du moins dans le traité où il s'occupe de la guerre ; sans doute de son temps, elles n'existaient plus qu'à l'état de souvenir, et n'étaient plus soutenues en fait :
Un troisième titre, dit-il (voir n° 346), en vertu duquel on a prétendu que les princes chrétiens avaient quelque droit de faire la gruerre, en dehors de ceux que leur donne le droit naturel, c'est la souveraineté temporelle que certains auteurs dénient aux infidèles, qui ne peuvent, disent-ils, être vraiment les maîtres des choses qu'ils possèdent,