‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 123 sur 277 · Voir no 1G6, note · texte numérisé non relu

Voir no 1G6, note

150. = (1) Voir n° 409 et suivants, en particulier 415 à 410, 432 à 439, et 440 À 463.

AVANT-PROPOS

et qui appartient selon les uns à Vonpereur, selon les aulics au Sonverain Pontijc, qui auraient ainsi diiecleinent le domaine temporel du monde entier. Opinion sans valeur ni fondemeril, comme nous le faisons voir en pariant <lu domaine à propos des lois.

Mais dans les siècles précédents, cette triple erreur avait amené beaucoup de trouble dans les esprits, ainsi qu'on peut le constater par le passage de Lupus (Tract, de bello et bel - LATOR.), où l'élève (ce traité est sous fornae de dialogue entre un maître et un élève) se plaint du très grand chaos que ces opinions singulières ont créé dans son esprit.

Le disciple. — Je vois bien tout ce que vous avez dit et exposé... Mais, malgré toutes ces explications, maintenant plus encore qu'auparavant, j'ai des doutes au sujet de la question principale, à savoir quelle est exactement cette autorité sans laquelle on ne peut, à juste titre, entreprendre la guerre. Je vois bien ce que dit saint Augustin, que si elles ne sont ordonnées ni par Dieu, ni par un pouvoir légitime quelconque, les guerres entreprises sont impies, et que l'autorité de décider et de faire la guerre n'appartient qu'aux princes ; mais quand il s'agit de préciser qui est le prince, et dans quels cas et contre qui il peut faire la guerre, je me trouve en présence d'une grande confusion et d'un immense chaos : les uns disent que le prince, c'est le pape, qui seul ne reconnaît aucun supérieur, ni aucun égal, qui d'après eux a reçu du Christ le double glaive, et a remis à Tempereur l'un d'eux, afin qu'il s'en serve pour le gouvernement du monde ; les autres disent que l'empereur a reçu de Dieu le glaive matériel et le droit de s'en servir ; et alors que deviennent les autres princes, soit ceux qui ne reconnaissent pas, soit ceux qui reconnaissent un supérieur. Et ailleurs on voit Hostiensis en contradiction avec Innocent IV et avec d'autres, lorsque les uns prétendent que les infidèles ont le droit de posséder ce qui n'est pas occupé par les chrétiens, et que les autres admettent au contraire que ceux-ci ont le droit de leur faire justement la guerre.

Ces erreurs ne se rencontrent guère que chez les canonistes. La notion de l'Empire fut surtout développée par les juristes (Nys, Le droit de guerre el les précurseurs de Grotius). Cependant quelques théologiens les reproduisirent, mais en indiquant, pour montrer que c'étaient là, non pas les enseignements de l'Eglise, mais des opinions discutables, les noms des canonistes auxquels ils les empruntaient : c'est ce que fait remarquer Victoria (voir n" 449) : « L'autorité de l'archevêque de Florence (saint Anlonin), dit-il, ne saurait être invoquée au sujet de la souveraineté temporelle des Papes ; car il ne fait que suivre Augustin d'Anchona, conformément à son habitude de suivre les canonistes » (2).

(2) Voir toutefois ce que Victoria dit de Sylvestre (n» 444).

2l8 APPLICATIONS ET DEVIATIONS DE LA DOCTRINE SCOLASTIQUE

Dans les chapitres suivants, nous étudierons d'abord le cas des Croisades ; nous examinerons ensuite les thèses erronées soutenues par certains canonistes et les réfutations qui en ont été données.

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