‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 124 sur 277 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

Les Croisades et la doctrine scolastiaue du droit de guerre

1 1. — Situation des chrétiens en Orient au XI^ siècle.

151. — Les Croisades furent-elles des guerres justes au sens que les théologiens donnent à ce mot? Ceux contre lesquels elles furent entreprises avaient-ils commis des fautes, des crimes qui méritassent la guerre? Ou furent-elles, comme d'aucuns Taffirment, des guerres injustes, inspirées uniquement par le fanatisme religieux d'hommes qui voulaient s'emparer du pays où était le tombeau du Christ, et auxquels on serait en droit de reprocher, ainsi que cela a été fait, d'avoir, pour satisfaire leur désir de posséder le Saint-Sépulcre, versé du sang sur des reliques? — Pour résoudre cette question, voyons d'abord ce qui s'était passé en Palestine et en Asie Mineure du vu" au xi' siècle.

Mahomet avait promis la conquête du monde à ses disciples et prêché la guerre sainte, la guerre contre les infidèles. « Excite les croyants au combat », est un des préceptes du Coran (IV, 2G). Aussi, peu de temps après la mort du prophète, les soldats d'Omar s'étaient emparés de la Palestine et de Jérusalem, qui était pour eux une ville sainte : c'était de là que le prophète était parti pour monter au ciel dans un voyage nocturne. Les chrétiens qu'ils avaient trouvés établis dans le pays conquis furent tantôt persécutés, tantôt laissés par eux dans une paix relative. Sous le règne d'Aroun-al-Raschid. ils jouiront d'une paix et d'une liberté complètes, soit par suite de l'influence que Charlemagne avait exercée sur ce calife, soit parce que celui-ci, continuellement en guerre avec les

Page 1