‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 135 sur 277 · i) Sed hœc opinio est sine aliquo fundamento · texte numérisé non relu

i) Sed hœc opinio est sine aliquo fundamento

Vanderpol 16

d'entre eux imposèrent aux autres ; nul n'eut donc,avant la venue du Christ, de droit divin, l'empire du monde. Il est fort douteux, bien que quelques auteurs soutiennent le contraire, que le Christ ait été, au point de vue humain, le maître temporel du monde ; il paraît avoir affirmé le contraire en disant : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » Quant à prétendre que, de môme qu'il a laissé sur Ja terre un vicaire dans l'ordre spirituel, Il en a également laissé un dans l'ordre temporel, et que ce vicaire est l'empereur, c'est substituer ses idées personnelles aux Ecritures, qui nulle part ne font mention d'une chose semblable.

L'histoire contredit d'ailleurs complètement une telle doctrine. S'il n'y avait qu'un empereur de droit divin, comment l'Empire aurait-il été divisé en empire d'Orient et empire d'Occident ') Comment le patrimoine de l'Eglise ne lui serait-il pas soumis .' D'autre part, il est impossible de soutenir, sinon par des subtilités, que le royaume de France, celui d'Espagne, et certaines villes indépendantes soient soumises à l'empereur.

3" Il est évident que l'empereur n'est pas maître du monde en vertu du droit humain : en effet, il ne l'est pas en vertu d'une loi, car il n'existe aucune loi de ce genre, et il ne peut en exister, puisque la loi présuppose une juridiction : il n'a d'autre part acquis la souveraineté, ni par succession, ni par donation, ni par échange, ni par acquisition, ni par juste guerre, ni par élection, ni par quelque autre titre légal : l'empereur n'est donc et no fut jamais le maître du monde entier.

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