QUATRIÈME QUESTION
La guerre peut-elle être juste des deux côtés à la fois (i) ?
273. — Première proposition. Hors le cas d'ignorance, il est évident que cela est impossible. Car si l'une et l'autre des parties ont des droits évidents, il n'est pas permis de faire la guerre, ni pour attaquer, ni pour se défendre.
274. — Seconde proposition. En admettant la possibilité d'une ignorance qui porterait sur un fait ou sur un droit, il pourrait se faire que la guerre fût juste par elle-même du côté de la partie qui a
272. = (1) "Juslus, si forte oliam sub regi> homine sacrilego militet, recle potest, 00 jubente, bellare, si quod sibi jubetur, vcl non t>sse contra Dei pnrceptum est, vel utrum sit, c«>rtuin non est (Saint Augustin, Contra Faustutn, lib. XXII, cap. 75).
(2) [A la condition, bien entendu, qu'on ait la possession délnt d'époux : c'est ce (|ue Victoria a sup()osé plus haut, n'^ 270, 2°. E. Ch.]
273. =: (1) Voir sur cette question : 1'^" partie, n**» 19 à 24 ; 11* partie, u° 170 ; et III' partie, n° 333 m fine.
TRADUCTION DU DE JURE BELLI DE VICTORIA 3/i5
la justice pour elle, et que du côté de l'autre partie la guerre fût également juste, c'est-à-dire exempte de faute, à cause de la bonne foi ; car l'ignorance invincible est toujours une excuse (i).
Cela peut du moins fréquemment arriver chez les sujets. Admettons, en effet, que le prince fasse une guerre injuste et qu'il soit conscient de son injustice, les sujets peuvent de bonne foi suivre leur prince, comme il a été dit, et ainsi de part et d'autre il leur est permis de se battre.