‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 188 sur 277 · Summa Sylvestnna, vo Bellum, I, § iO · texte numérisé non relu

Summa Sylvestnna, vo Bellum, I, § iO

des biens appartenant, soit aux coupables eux-mêmes, soit à des innocents. Par exemple, si des brigands français ont pillé le territoire espagnol, et si le roi de France ne veut pas les obliger à restituer les choses volées, alors qu'il le peut, les Espagnols, avec l'autorisation de leur prince, peuvent dépouiller des marchands ou des agriculteurs français même innocents : en effet, si peut-être au début l'État ou le prince des Français n'était pas coupable, il l'est devenu en négligeant de punir, comme dit saint Augustin, l'action injuste des siens, et le prince lésé peut, pour obtenir satisfaction, s'attaquer à tous ceux qui sont membres ou partie de l'État. De là les lettres de marque ou de représailles que les princes concèdent dans des cas semblables ; elles ne sont pas injustes en elles-mêmes, puisque, par suite de la négligence ou de l'injustice de l'autre prince, leur prince donne aux victimes la possibilité de recouvrer ce qui leur appartient, même en le prenant à des innocents. Mais elles présentent bien des dangers et sont l'occasion de pillages (i).

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