‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 200 sur 277 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

Notice sur François Suarez

306. — François Suarez naquit à Grenade (Espagne), le 5 janvier i5A8 : il était donc le compatriote de Victoria. Il fut, s*il faut en croire ses historiens, un élève assez médiocre. Les uns prétendent qu'il eut pour ce motif quelques difficultés à entrer, en i564, au noviciat de Salamanque. D'autres disent au contraire qu'il doutait de lui-même, au point qu'il voulait abandonner l'étude de la philosophie, et qu'il en fut empêché par ses supérieurs. Il fut toujours d'ailleurs d'une extrême modestie, fuyant la société des hommes pour ne pas être exposé à entendre faire son éloge, consultant ses propres élèves, leur donnant ses livres à corriger, et modifiant avec la plus grande facilité les passages qu'ils lui signalaient comme méritant quelque critique. Il enseigna d'abord la philosophie et la théologie à Ségovie et à Valladolid ; ensuite à Rome ; mais l'air de cette ville ne convenant pas à sa santé, il revint en Espagne, et professa à Alcala, à Salamanque, et enfin à Coïmbre, où il se rendit à la demande de Philippe II. 11 mourut à Lisbonne le 25 septembre 1617. Doué d'une ardeur infatigable et d'une mémoire qui tenait du prodige, il passait au milieu de ses livres tout le temps qu'il ne consacrait pas à de pieux exercices. Il connaissait à merveille les écrits des Pères, les œuvres des scolastiques, et les ouvrages des hérétiques. Aussi jouissait-il, même de son vivant, d'une grande renommée et d'une immense autorité. On l'appelait le géant de la Scolastique, un aller Aiigiistiniis, etc.

307. — On a coutume de dire qu'en lui a réside toute l'Ecole ».

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