‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 205 sur 277 · l) Voir no^ 4i et · texte numérisé non relu

l) Voir no^ 4i et

(2) *Voir : Innocent III, cap. Per venerabilem, qui fllii sint legitimi {Decrelalex Gregorii noni, IV, 17, c. 13).

(3) Voir no" 165 et 166.

direct en matière temporelle, eu dehors de son domaine propre, possède cependant lin pouvoir indirect (i). A ce titre, il a le droit d'appeler devant lui la cause de la guerre, et le pouvoir de prononcer une sentence, à laquelle les parties sont tenues de se conformer, à moins qu'elle ne soit manifestement injuste : car cela est certainement nécessaire pour le bien spirituel de l'Eglise, et pour éviter une infinité de maux. Aussi Soto (2) dit-il que la guerre est rarement juste entre princes chrétiens, attendu qu'ils ont à leur disposition un autre moyen de terminer leurs litiges. Néanmoins, il arrive parfois que le Souverain Pontife n'interpose pas son autorité, de peur d'un plus grand mal ; alors les souverains ne sont pas, il est vrai, obligés de demander d'autorisation au Souverain Pontife, mais ils peuvent, tant qu'il ne le leur interdit pas, poursuivre eux mêmes leurs droits : toutefois, ils doivent prendre bien garde de n'être pas eux-mêmes cause que le Souverain Pontife n'ose pas s'interposer; car alors, ils ne seraient pas exempts de faute (3).

324. — Troisil:me conclusion : Toute guerre qui^ conformément à ce qui vient d'être dit dans la précédente conclusion, est entreprise sans autorité légitime, n'est pas seulement contraire à la charité, mais aussi à la justice, même s'il existe d'ailleurs une cause légitime de guerre. — La raison en est que c'est un acte fait sans juridiction légitime ; donc un acte illégitime. De là, l'obligation dans une gïierre de ce genre de réparer tous les dommages causés. Il est vrai que celui qui par une guerre de ce genre ne ferait que rentrer en possession de ce qui lui appartient, ne serait pas tenu de s'en dessaisir; mais il serait obligé de réparer tous les dommages causés aux adversaires et de leur rembourser toutes leurs dépenses.

Ces dommages et ces dépenses n'avaient pas une cause juste : celui qui les leur a imposés a donc commis en cela une injustice ; mais en recevant ce qui lui appartient, il n'a pas à proprement parler commis d'injustice, sauf peut-être dans la manière de procéder : mais de cela seul ne naît point l'obligation de restituer. De là résulte, comme l'a fait remarquer Sylvestre (i), que celui qui fait la guerre sans autorité légitime encourt les peines de ceux qui font injustement la guerre, même s'il a un titre légitime pour la faire, et que par conséquent, s'il est incendiaire, il encourt l'excommunication qui frappe les incendiaires.

325. — Solution dune question douteuse, — On peut se demander

*323. = (1)C. Venerabilem, de Electione, et cap. Novit, de Judiciis [= Décrétai. Greg. noni, I, 6, c. 34, et II, 1, c. 13]. Voir no^ 168 et suiv.

(2) *Ad Rom., 12.

(3) *Voir : Defensio fidei, lib. 3, cap. 22.

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