Voir Victoria, n>^ 47S
(2) 'Voir : Suarez, De materio fidei, disp. IS, sect. 1
fait conforme à la nature ; de plus, ce serait encore un cas de défense des innocents, puisque moralement parlant, ce serait s'opposer à ce que des hommes désireux d'apprendre aux autres les vérités naturelles nécessaires à l'honnêteté en soient injustement empochés ; enfin, nous avons donné ailleurs (i) d'autres raisons qui, toutes proportions gardées, peuvent trouver ici leur application.
S 6. — De la certitude requise au sujet de la juste cause d'une guerre pour que celle-ci soit juste ?
Il faut distinguer trois classes de personnes : le roi ou prince souverain, les grands de l'Etat et les chefs, enfin les soldats ordinaires ; et il faut supposer qu'on requiert chez tous une certitude pratique qui s'exprime par ce jugement : a II m'est permis de faire la guerre ». Le doute ne peut provenir que de l'absence d'une certitude spéculative qui se traduit par ceux-ci : « Cette cause de guerre est juste en soi », ou (( cette chose, que je prétends prendre par la guerre, m'appartient ».
351. — Première conclusion en deux parties: Le souverain est oblige d étudier avec soin la cause de la guerre et sa justice : ceci fait, il doit agir conformément à sa conviction ainsi acquise. — Voici la base de la première partie : la guerre est une chose très grave ; or, la raison exige que toute affaire soit examinée avec une attention proportionnée à son importance. Dans les affaires privées, le juge, avant de rendre une sentence, doit étudier la cause avec soin : il en est proportionnellement de même dans la cause publique de la guerre. D'ailleurs, s'il en était autrement, le monde serait trop facilement troublé par la témérité des princes. 11 n'y a donc aucune difficulté dans la première partie de la conclusion.
352. — Explication de la seconde partie. — Voici comment s'explique la seconde partie :
Nous supposons comme titre de guerre, qu'un roi prétende que telle ville lui appartient ou qu'elle lui est échue par héritage : si, après qu'il a fait toute diligence pour connaître la vérité, son droit paraît certain, notre assertion se comprend aisément. Mais quand il y a probabilité de chaque côté, alors le roi doit se comporter comme un juge équitable.
Si l'opinion qui lui est favorable apparaît comme plus probable, il peut justement poursuivre son droit ; en effet, je crois vrai de dire que dans les décisions à prendre, il faut toujours suivre le parti le plus probable ; car il y a ici un acte de justice distributive, et