‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 213 sur 277 · Voir: Suarez, De fide, disp · texte numérisé non relu

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SgO LE DE BELLO DE SUAREZ

d'après les règles de cette justice, la préférence doit aller au plus digne : or le plus digne, c'est celui qui a plus probablement le droit pour lui, comme nous l'expliquerons plus loin. Pour la même raison, si l'autre partie a pour elle une plus grande probabilité, le prince ne peut en aucune façon déclarer la guerre (i).

353. — Cas où les probabilités sont égales de part et d'autre et où l'une des parties est en possession. — Si, après avoir fait toute diligence, on trouve égale probabilité de chaque côté, si le doute, quelle que soit son origine, est égal de part et d'autre, alors il faut donner la préférence à celui qui possède, s'il en existe un : car dans un jugement, c'est celui qui doit être préféré comme ayant un droit supérieur. Celui qui ne possède pas ne peut donc déclarer la guerre à celui qui possède : ce dernier peut, en toute sûreté de conscience, se défendre justement. Adrien (i), il est vrai, soutient le contraire : « Puisqu'il doute, dit-il, si la chose qu'il détient lui appartient, il ne peut être en sûreté au point de vue de la conscience. » Soto également (2) dit que celui qui doute est obligé de partager avec l'autre, et de lui donner satisfaction, à raison de son doute : ce qui serait vrai, si dès le début, il avait commencé à posséder en doutant de son titre, car une semblable possession ne confère pas de droit ; mais si, dès le début, il était possesseur de bonne foi et que le doute soit venu postérieurement, s'il a fait toute diligence pour découvrir la vérité, sans pouvoir y parvenir, il peut en toute sûreté garder la chose entière ; car le doute reste purement spéculatif, et une semblable possession confère absolument un droit sur la totalité de la chose, ainsi que nous l'avons longuement démon tré (3). Victoria fait toutefois remarquer qu'un tel possesseur est obligé, quand le doute surgit, de rechercher la vérité avec soin, et que, s'il s'y refuse, il peut y être contraint par l'autre partie, même par la guerre ; et, en effet, la justice et la raison droite l'exigent toutes deux (4).

354. — Cas où ni l'une ni l'autre des parties n'est en possession. — Une autre question se présente si aucune des parties n'est en possession et s'il y a équivalence de doutes ou de probabilités. L'opinion la plus répandue est que chacun a alors le droit de s'emparer le premier de l'objet du litige, de sorte que la guerre serait juste des deux côtés à la fois, ce qui est impossible, hors le cas d'ignorance. On

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