Voir n
Seconde observation. — Il faut remarquer ensuite que le souverain, s'il agit de bonne foi, peut faire examiner son droit par des hommes prudents et instruits; et si, d'après leur avis, son droit est évident, il peut suivre leur jugement, et n'est pas tenu de s'en rapporter à d'autres. La raison en est qu'il faut juger de ce droit comme on jugerait d'un juste procès : or, dans un jugement équitable, il y a deux choses à considérer.
D'abord, l'examen de la cause, la connaissance des droits des deux parties ; et pour cela, il n'est pas nécessaire d'avoir une juridiction, mais plutôt de la science et de la prudence. Cela n'est pas le but de la guerre ; c'est, au contraire, ce qui sert de base à la guerre, et dès lors, on ne voit pas pourquoi on confierait une telle mission à des arbitres.
Une autre chose est l'exécution du droit une fois qu'il est établi : ici, il faut un pouvoir de juridiction que le souverain possède en lui, quand d'autre part son droit est suffisamment évident. Alors, on ne voit pas pourquoi il serait tenu d'attendre l'arbitrage d'autrui, bien qu'il doive accepter de justes pactes s'ils lui sont proposés.
357. — Seconde conclusio:^, relative aux chefs. — En second lieu, les chef s et les autres grands du royaume, toutes les fois qu'ils sont appelés à donner leur avis sur la guerre à déclarer, sont obligés de rechercher avec grand soin la vérité ; mais s'ils ne sont pas appelés^ ils n* ont pas plus d'obligations que le commun des soldats (i).
La première partie n'a pas besoin d'être démontrée : ceux qui sont consultés sont tenus en justice de donner un conseil juste ; autrement, ils seraient responsables s'il y avait quelque injustice dans la guerre.
La seconde partie se démontre ainsi : ceux qui ne sont pas consultés se comportent en ce cas comme des soldats ordinaires ; ils sont mis en mouvement et ne mettent pas les autres en mouvement : qu'ils soient nobles ou riches, cela est secondaire. Cependant, Victoria prétend que la charité les oblige à s'enquérir de la justice de la guerre, afin de pouvoir donner leur avis s'il le fallait. Mais si leur obligation résulte seulement de la charité, elle n'aura lieu qu'en cas de nécessité. Donc, dans les autres cas, ils ne seront pas obligés à proprement parler.
358. — Troisième conclusion, pour le commu/i des soldats. — Eu troisième lieu, les soldats ordinaires, qui sont les sujets des princes., n'ont aucune recherche à faire ; mais appelés à la guerre, ils peuvent s'y rendre, pourvu que son injustice ne soit pas évidente pour eux. En effet, d'une part, quand, pour ces soldats, l'injustice de la guerre n'est pas évidente, l'avis commun du prince et des grands du royaume