‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 217 sur 277 · In Quodlibet · texte numérisé non relu

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Sg^ LE DE BELLO DE SUAREZ

car alors les soldats sembleraient pencher vers la conviction morale que la guerre est injuste ; mais autrement, s'ils ont une probabilité raisonnable de la justice de la guerre, ils peuvent licitement s'y conformer (2).

360. — Opinion commune relative aux soldats mercenaires qui ne sont pas sujets.— La difficulté est plus grande en ce qui concerne les soldats non sujets, que l'on appelle des mercenaires. L'opinion générale est qu'ils sont tenus d'examiner si la guerre est juste avant de s'engager. C'est l'avis de Sylvestre, qui ajoute qu'en cas de doute ils ne peuvent pas prendre part à la guerre. C'est à peu près aussi l'opinion de Cajétan, qui cependant fait une réserve : « A moins qu'ils « se soient engagés en temps de paix et qu'ils soient astreints à se (( battre chaque fois qu'on les appelle » (i), car, dans ce cas, ils peuvent se conduire comme s'ils étaient des sujets ; ils le sont en réalité par l'effet de la solde qu'ils reçoivent.

La raison de cette opinion, c'est que, dans ce cas, le parti le plus sûr pour celui qui n'est pas sujet, c'est de ne pas se battre ; car en ne combattant pas, il ne s'expose à aucun danger, au lieu qu'en combattant, il s'expose aux dangers énumérés par Adrien : or, en cas de doute, il faut prendre le parti le plus sûr. On le confirme par la règle du droit qui déclare non exempt de faute celui qui, malgré le danger que cela peut présenter pour d'autres, s'immisce dans des affaires qui ne sont pas les siennes (2). C'est pourquoi saint Ambroise dit qu'en général, il ne faut pas aider une personne en nuisant à une autre (3). On le confirme encore par cette autre raison, qu'en cas de doute, le droit enseigne que le conjoint qui doute peut ne pas refuser, mais ne doit pas demander le devoir conjugal.

Pour les mêmes mol ifs, les parents ou les amis du prince ne doivent pas lui venir en aide sans avoir examiné avec soin la justice de sa cause.

361. — Arguments contraires à l'opinion comn^une. — Cette opinion n'est pas sans soulever certaines difficultés.

1° D'abord, il faudrait que chaque soldat mercenaire examinât individuellement la cause de la guerre ; ce qui est contraire à tous les usages et, humainement parlant, impossible : car, ainsi que je l'ai dit plus haut, ou ne peut rendre raison à tous, et tous ne seraient pas capables déjuger.

2° En second lieu, les soldats qui sont sujets ne pourraient prendre part à une guerre dont la justice serait douteuse, sans examiner

(2) Voir no» 84, 271 et 272.

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