‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 219 sur 277 · I) ^Victoria, fiel. dejurebelU, 25; Voir n · texte numérisé non relu

I) ^Victoria, fiel. dejurebelU, 25; Voir n

(2) *Voir Suarez, De Conscientia, sect. 6.

(3) *Sylvestre, yo jSellum, 1.

TRADUCTION DU LIVRE DE nELLO 397

S 7. — Quelle est la manière convenable de faire la guerre ?

363. — Exposé des questions soulevées. — Il faut tout d'abord distinguer trois périodes : le commencement de la guerre ; ensuite, sa poursuite jusqu'à la victoire ; enfin, le temps qui suit la victoire.

Il faut également distinguer trois classes de personnes : le souverain, les chefs intermédiaires, les soldats inférieurs.

Pour les uns et les autres, on doit se demander :

i" Ce qu'ils peuvent faire légitimement à l'égard des ennemis ;

2** Ce que le roi doit faire à l'égard des soldats ;

30 Ce que les soldats doivent faire à l'égard du roi ;

II* Ce que l'on doit faire vis-à-vis des autres, par exemple des hôtes, que l'on rencontre en chemin.

Dans ce chapitre, nous traiterons plus particulièrement la première question : nous dirons cependant quelques mots des trois autres .

364. — Examen des quatrième^ deuxième et troisième questions. — En ce qui concerne la quatrième question, nous pouvons rappeler ce que dit saint Jean-Baptiste : « Ne frappez personne et contentez-vous de votre solde (i). » Les soldats ne doivent donc rien demander à leurs hôtes en plus de ce qui est établi par le roi : sinon, ils pèchent contre la justice et sont tenus de restituer ; de même, s'ils commettent des dégâts dans les maisons, les champs, etc. Les chefs et les princes sont tenus, en raison de leur position, d'empêcher toutes ces choses, autant qu'ils le peuvent : sinon, ils sont obligés de restituer, si les soldats ne le font pas.

En ce qui concerne la troisième question, de même que les rois sont obligés de donner une solde aux soldats, ceux-ci sont tenus à tous les devoirs de leur charge. Ils sont donc obligés, par la justice, d'agir courageusement, et par conséquent de ne pas fuir, de ne pas déserter leur poste, ou la place forte qu'ils occupent. Il y a de nombreuses lois à ce sujet (2). 11 faut voir ce que dit Cajétan (3), que les chefs des places fortes ne peuvent aucunement se rendre par crainte de la mort ou de la famine, parce qu'ils ont fait avec le prince un pacte qui le leur interdit ; en échange de leur engagement, ils reçoivent une solde et par conséquent la justice les oblige à le tenir.

En ce qui concerne spécialement les obligations des soldats entre eux, ils sont obligés, en dehors des règles générales de la justice.

364. = (1) Luc, III. Lo texte exact de saint Luc est: « Neminera conculiatis neque calumniam faciatis : estote contenti slipendiis vestris. »

(2) *ff. DeRe militari [= Dig., XLIX, 16J.

(3) ^Cajétan, De Re militari, IV, qu. penult.

d'observer particulièrement, après la victoire, une juste répartition du butin. Quant à cette répartition du butin, nous ne pouvons la définir ; dans chaque royaume, il faut se conformer aux décisions des rois et des chefs, et aussi à ce qui est admis par les mœurs et les coutumes.

Nous n'avons plus maintenant qu'à traiter la première question. 365. — Première question; première conclusion générale (i) : première partie. — Avant cC entreprendre une guerre^ le prince est obligé d'exposer à VEtat adverse la juste cause de la guerre, ci de demander une réparation convenable. Si l'autre partie offre cette réparation, il est tenu de Vaccepter et de s'abstenir de la guerre ; sinon^ la guerre serait injuste ; mais si on refuse de lui donner satisfaction, il pourra alors entreprendre légitimement la guerre. Toute cette conclusion est générale, et sa dernière partie est évidente : car, si l'on suppose l'opiniâtreté de l'autre prince ou Etat, elles autres conditions remplies, on ne voit rien d'autre à faire.

Quant à la première partie, elle est conforme à ce que dit saint Augustin (3) et à l'opinion de tous les docteurs (3). Elle se déduit régulièrement de ce passage du Deutéronome : u Quand tu approcheras d'une ville, etc. » (A). La raison en est que toute autre manière d'agir serait injuste, et par suite la cause même de la guerre serait injuste. Car, là où est volontairement offerte une satisfaction pleine et suffisante, il n'y a pas lieu d'employer la violence ; la raison, en effet, indique que la justice vindicative doit s'exercer avec le minimum possible de dommage général, tout en observant l'équité. D'autre part, le prince n'a pas vis-à-vis d'un autre prince le droit d'employer la force coactive, sinon lorsque ce dernier agit injustement, et encore quand il refuse réparation.

366. — Réserve de Cajétan. — Gajétan fait une réserve à ce sujet : (( Il faut, dit-il, que la réparation soit offerte avant que la guerre soit effectivement en cours : car, après le début de la guerre, celui qui combat n'est plus tenu de l'accepter ; car dans la guerre, il est pour ainsi dire un juge, et une fois la guerre commencée, il est maître de la cause, il a acquis le droit de poursuivre son droit jusqu'au bout : que celui qui est attaqué s'en prenne à lui-même s'il n'a pas donné satisfaction en temps opportun. >>

Mais je demanderai à Cajétan ce qu'il entend par « une guerre

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