‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 223 sur 277 · i) 'Sylvestre, Summa, v^^ Bellum, in fine · texte numérisé non relu

i) 'Sylvestre, Summa, v^^ Bellum, in fine

sent de ce privilège, quand ils sont déposes dans les églises, attendu que les lieux sacrés ne peuvent être attaqués. Cette dernière proposition est vraie en elle-même, mais pas absolument. Si des hommes se réfugient dans les lieux sacrés uniquement dans l'intention de se mettre à l'abri, ils doivent jouir de l'immunité ecclésiastique ; mais si les ennemis usent d'une église comme d'une citadelle ou d'un fort pour se défendre, on peut l'attaquer et y mettre le feu, malgré les inconvénients qui en résultent ; car ils ont lieu par accident.

Quant aux biens temporels, il n'y a rien de certain à leur égard ; il faut, en ce qui les concerne, se conformer aux usages.

377. — Sixième conclusion (i). — On ne peut pour aucune raison mettre à mort des innocents, même sous prétexte qu'autrement CEtat coupable ne serait pas suffisamment puni. — Cela est toutefois permis par accident, quand c'est nécessaire pour obtenir la victoire. La raison de cette conclusion, c'est que le meurtre d'un innocent est un mal en soi ; on objectera que cela est vrai quand il s'agit de l'autorité privée et en l'absence d'une juste cause, mais qu'ici il s'agit d'une cause juste et publique : il faut cependant soutenir la négative, quand cela n'est pas indispensable pour la victoire, comme nous l'avons dit, et quand les innocents ne peuvent être distingués des coupables. Cette conclusion trouve sa confirmation dans la différence qui existe entre la vie et les autres biens ; car les autres biens sont soumis au domaine de l'homme, et l'Etat tout entier a sur eux un droit supérieur à celui des particuliers : c'est pourquoi ceux-ci peuvent être dépouillés de leurs biens à cause de la faute de tout l'Etat. Mais la vie ne tombe pas dans le domaine de l'homme ; par suite, nul ne peut en être privé, si ce n'est à cause de sa propre faute : aussi certainement n'a-t-on jamais le droit de mettre un fils à mort, à cause de la faute de son père : « Ne tuez pas celui qui est innocent (2) ».

D'ailleurs, si les innocents pouvaient se défendre, ils le feraient justement ; c'est donc qu'ils sont attaqués injustement. Cela est encore démontré par l'exemple de saint Ambroise, qui excommunia Théodose à cause de meurtres de ce genre (3).

On peut demander quels sont les innocents à ce point de vue. Je réponds que ce ne sont pas seulement ceux qui ont été énumérés plus haut, mais aussi ceux qui sont capables de porter les armes, s'il est d'ailleurs constaté qu'ils n'ont pas participé au crime, ni pris part à la guerre injuste ; car le droit naturel exige que l'on ne mette pas à mort directement celui que l'on constate n'avoir pas été coupable. Quid, si on ne le sait pas certainement, et s'il y a seulement présomp»

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