Voir n" 93, 94, 277 et suiv
(2) *Deut., 24, et Exod.j 23.
(3) *Ep. Apud Thessalonicam, 11,9, 5.
4o6 LE DE BELLO DE SUAREZ
tion qu'ils ont pu prendre les armes ? Nous répondrons tout à l'heure sur ce point.
378. -- Réponse à un argument tiré de l'Ecriture. — On oppose parfois l'argument suivant :
à) Le peuple de Dieu a reçu l'ordre de mettre à mort tous les ennemis, même les enfants (i).
6) Les enfants d'Israël ont, même après la victoire, mis à mort sans distinction tous ceux qu'ils ont pu atteindre dans la tribu de Benjamin (2).
c) Après la prise d'une ville, ils ont été autorisés à mettre à mort tous les ennemis, môme les femmes et les enfants (3).
a) Il faut répondre que Dieu seul a eu le pouvoir de donner un ordre semblable, et que ce fut un jugement particulier qu'il porta, pour terrifier certaines nations dont II voulait punir les crimes, comme on le voit au chapitre 9 du Deutéronome.
b) En cette occasion, les Israélites ont été coupables d'agir comme ils l'ont fait (4).
c) Saint Thomas (5) explique que la permission qui leur avait été donnée se bornait à mettre à mort ceux qui ne voulaient pas consentir à la paix, et il estime qu'elle ne concernait par conséquent que les coupables.
Cependant les auteurs paraissent croire qu'elle s'étendait à tous les hommes adultes, capables déporter les armes, car tous étaient présumés coupables et pouvaient donc légitimement être mis à mort, tant que leur innocence n'était pas démontrée.
Abulensis donne une autre raison : c'est que peut-être ces ennemis auraient été capables d'attaquer une autre fois le peuple de Dieu : mais cette raison ne suffît pas, et Abulensis se réfute lui-même en un autre endroit (6), quand il reconnaît que nul ne peut être puni pour une faute qu'il n'a pas encore commise, s'il n'a pas mérité la mort pour un autre motif: une telle présomption est par elle-même d'autant plus insuffisante pour mettre quelqu'une mort, que surtout en matière criminelle, les preuves doivent être suffisantes, et que, si la faute n'est pas démontrée, l'innocence doit se présumer. Enfin, moralement parlant, il est évident que l'on peut trouver dans la foule des hommes qui n'ont pas consenti à la guerre, qui n'y ont pas pri s part, mais qui au contraire ont conseillé d'accepter la paix : on ne peut donc indifféremment les mettre tous à mort.