‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 237 sur 277 · iîe^., 16et aliis locis · texte numérisé non relu

iîe^., 16et aliis locis

(2) Non auferetur sceptrum de Juda, nec dux de femore ejus, donec veniat qui mittendus est (Gènes., n. 9). {S)*AdRom., 13.

(4) Obedile praepositis vestris, non tantum bonis, sed eliam discolis (Pet., 2). Vanderpol ?8

On peut le soutenir ; car les hérétiques ne peuvent posséder: donc les autres infidèles non plus ; il ne semble pas, en effet, que leur condition soit meilleure que celle des hérétiques; or, les biens des hérétiques sont confisqués de plein droit (i). A cela je réponds par diverses propositions :

420. — Réponse au troisième argument négatif: première proposition. — L'infidélité n'est pas un obstacle à ce que l'on soit vraiment maître. C'est l'opinion de saint Thomas (i) ; et on peut le prouver.

1° L'Ecriture sainte donne le nom de rois à certains infidèles, comme Sennachérib, Pharaon, et plusieurs autres.

2° La haine de Dieu est une faute plus grave que l'infidélité ; or elle n'enlève pas la propriété.

3° Saint Paul (2) et saint Pierre (3) ordonnent d'obéir aux princes qui, à leur époque, étaient tous infidèles : ils ordonnent de même aux esclaves d'obéir à leurs maîtres.

4° Tobie ordonna de restituer aux Gentils un bouc qui leur avait été enlevé (4), parce que c'était une chose volée : ce qui n'aurait pu être s'ils n'avaient pas eu la propriété. De même, Joseph rendit toute la terre d'Egypte tributaire de Pharaon qui était infidèle (5).

50 L'infidélité, dit saint Thomas, ne supprime ni le droit naturel, ni le droit humain : or, le domaine est de droit naturel ou de droit humain ; donc on ne le perd pas par l'infidélité.

C'est donc là une erreur manifeste, comme la précédente. Il en résulte qu'il est défendu de prendre aux Juifs, aux Sarrasins, ou aux autres infidèles, les biens qu'ils possèdent, pour cette seule raison qu'ils sont infidèles. C'est un vol, une rapine, tout autant que lorsqu'il s'agit de chrétiens.

421. — Digression au sujet des hérétiques: deuxième proposition (i). — Mais comme il y a une difficulté particulière au sujet des hérétiques, voici une seconde proposition :

Si l'on se place uniquement au point de vue du droit divin, l'hérétique ne perd pas la propriété de ses biens. C'est là une chose connue, et que tout le monde admet.

Comme la perte des biens est une peine, et que la loi divine ne prévoit aucune peine dans ce cas, il est certain que si l'on se place uniquement au point de vue du droit divin, la propriété des biens ne

419. = (l) *CaiQon cum secundum, de hœrel., lib. C \=Sextus, V, 2, canon 19].

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