‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 240 sur 277 · I, qu · texte numérisé non relu

I, qu

(2) *Genèse, 1.

(3) 'Genèse, 1.

Psalmisle (4). Sylvestre est du même avis, et dit que les éléments se commandent les uns les autres (5).

432. — Réponse à l'opinion précédente : Première proposition. — Je réponds par les propositions suivantes. — i° Les créatures irraisonnables ne peuvent avoir le domaine.

1° Car avoir le domaine c'est avoir un droit, ainsi que le reconnaît Conrad lui-même ; or, les créatures irraisonnables ne peuvent avoir de droit ; donc elles ne peuvent avoir de domaine.

Elles ne peuvent avoir de droit ; car elles ne peuvent souffrir d'injustice ; celui qui prive le loup ou le lion de sa proie ou le bœuf de son pâturage, ne commet pas une injustice, pas plus que celui qui ferme une fenêtre, pour empêcher la lumière d'entrer, ne commet une injustice à l'égard du soleil. Si les animaux avaient le droit de propriété, celui qui enlèverait l'herbe au cerf ferait un vol ; car il prendrait, malgré son propriétaire, le bien d'autrui.

433. — 2° Les bêtes sauvages n'ont pas le domaine sur les objets extérieurs ;car elles ne l'ont même pas sur elles-mêmes, attendu qu'il est permis de les tuer, même sans autre motif que de vouloir les tuer, et celui qui agit ainsi n'encourt aucune peine. La chasse des bêtes féroces est juste et naturelle, dit Aristote (i).

434. — 3° Les bêtes féroces, comme tout ce qui est dépourvu de raison, appartiennent à l'homme, bien plus encore que les esclaves ; or, les esclaves ne peuvent rien avoir à eux ; les êtres irraisonnables bien moins encore.

Cette opinion a pour elle l'autorité de saint Thomas (i) : seule, la créature raisonnable a le domaine de ses actes, parce que, dit-il {2), on est le maître de ses actes pour cette raison que l'on peut prendre un parti ou un autre. D'où il résulte, comme il le dit également, que nous ne sommes pas maîtres de nos désirs en ce qui concerne notre fin dernière (3).

Mais si les animaux ne sont pas maîtres de leurs actes, ils ne le sont pas davantage des autres choses.

Il semble que toute cette discussion porte sur des mots : or c'est parler très improprement et en dehors des habitudes reçues que d'attribuer la propriété aux êtres irraisonnables. On ne dit pas de quelqu'un qu'il est maître d'une chose, si cette chose n'est pas en son pouvoir. Nous disons : cela n'est pas en mon pouvoir, cela n'est pas

(4) *Psalm., 103.

(5) *Sylvest., Summa. vo Dominium (m principio),

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