PRÉFACE XI
convictions religieuses acceptèrent de collaborer à cette œuvre ciiaritable. Vanderpol fut un des premiers à mettre son activité et ses talents d'organisateur à la disposition du Comité qui s'était formé. « il devint vite, m'écrit mon collègue et ami M. Berthélemy, alors professeur à la Faculté de droit de Lyon et l'un des promoteurs de l'œuvre, le collaborateur le plus vaillant, le plus ardent, le plus utile. » Il fut chargé de l'organisation et de la direction de l'asile temporaire. « Dans une œuvre d'éducation d'enfants en danger moral, l'asile temporaire joue un rôle capital: c'est \e poste de triage pédagogique. Le maniement de cet instrument délicat exige une attention méticuleuse et une perspicacité toujours en éveil. 11 faut, pendant un stage de quelques semaines, étudier chaque sujet, l'analyser, supputer ses tendances, ses affinités, ses vices, s'il en a, ses ressorts moraux, s'il lui en reste, afin de savoii- comment s'y prendre pour le redresser moralement et le reconstituer physiquement. Secondé par une collaboratrice d'un admirable dévouement qu'il choisit lui-même, Vanderpol se consacra tout entier à cette tâche. Il ne l'a jamais abandonnée; aussi peut-il être considéré comme le véritable organisateur de cette œuvre spéciale dans la grande œuvre générale quia sauvé des milliers de malheureux enfants (1). »
Vanderpol s'est aussi intéressé à la diffusion des saints Evangiles dans les pays de langue française. Il a secondé activement r^45soc/a//o/i catholique lyonnaise formée dans ce but ; et c'est par milliers qu'il a répandu les exemplaires d'une traduction approuvée, avec notes, connue sous le nom « d'édition de saint Jérôme ». — Nous ne pouvons tout dire.
5. Au milieu de ces occupations multiples, se produisit un triste événement, qui devait exercer sur les dernières années de Vanderpol une influence profonde et orienter son activité dans une nouvelle direction. En 1900 Hl avait alors 46 ans), très faligué par l'intense travail intellectuel auquel il se livrait,
(1) H. Berthélemy, Lettre du 23 novembre 1917.
XH PREFACE
il avait entrepris de combattre les effets de ce surmenage imprudent par des exercices physiques. C'est ainsi qu'au commencement de juillet, se trouvant à Nice pour affaires, il fit en bicyclette, en plein soleil, une longue course, qui se termina par la descente de la Turbie. Pour se rafraîchir, il prit dans la mer un bain trop prolongé, qui amena une congestion aux reins. Il fallut le rapporter en voiture à l'hôtel, incapable de se mouvoir. 11 resta ainsi paralysé pendant de longs mois, et, quand un certain mieux se produisit, il demeura infirme, obligé pour marcher de se servir de deux cannes.
C'est à partir de celte époque qu'il commença à étudier de près la question de la paix et de la guerre, qui depuis 1870 le préoccupait, mais à laquelle la multiplicité de ses travaux l'avait toujours empêché de s'adonner autant qu'il l'aurait voulu. Il employa ses loisirs forcés à la scruter, principalement au point de vue moral, et à lire, non seulement les ouvrages des modernes « pacifistes », mais aussi les Pères de 1 Eglise. Il rassemblait des notes; il cherchait à se faire une doctrine ; et, quand il put quitter son lit de souffrance, il était déjà armé poui* la lutte, ou plutôt pour Taposloiat ; car Vanderpol avait vraiment une àme d'apôtre. Son apostolat pacifique, que nous retracerons plus loin, fut interrompu par la guerre sauvage déchaînée par l'Allemagne, guerre dont il ne devait pas voir la fin (1).
6. Quand Vanderpol put se mouvoir, il reprit tous ses travaux, auxquels allait bientôt s'ajouter la propagande pacifique. Il en accepta même de nouveaux. En 1905, « il fut en effet sollicité par l'inventeur des procédés Brousse de s'occuper de la fabrication et de l'application de ses produits pour revêtements et toitures ». Vanderpol, que ces nouveaux procédés de construction intéressaient vivement, « réussit h les faire passer du domaine de la théorie dans celui de la pratique, en fondant une société, et en créant une usine dont les
(4) Lettre précitée de Mme Vanderpo!,