Chapitre premier Ce qu'est Tintention droite
48. — Puisque le prince, en déclarant la guerre, remplit l'office d'un juge, il s'ensuit qu'il doit :
P Ecarter toute pensée étrangère à la mission qu'il remplit et qui suffirait à vicier même une sentence juste ;
2*" Faire abstraction, de peur d'être influencé par elles, de toutes considérations personnelles, comme sa haine contre le coupable ou les avantages qu'il peut retirer de sa condamnation, ce qui l'exposerait à rendre une sentence injuste.
Une intention mauvaise, dit Cajétan (Summula, v° bellum), rend la guerre vicieuse, même si les autres conditions de la guerre juste sont remplies, de même que la juste punition d'un voleur est rendue vicieuse si la justice est rendue avec un sentiment de haine : le juge pèche par sa mauvaise intention, dans une œuvre d'ailleurs juste.
Saint Antonin (Summa theol., pars tV, tit. ITI, cap. 2) cite à ce propos l'exemple de Saul,
... qui fut blâmé par Dieu, parce que, dans la guerre qu'il fit aux Amalécites, il ne conserva pas une intention pure, et no se conforma pas à Tordre reçu de Dieu, mais épargna les troupeaux par cupidité.
Saint Augustin (CoNT. Faust., XXII, 74) a résumé les principales intentions mauvaises dans un passage qui a été reproduit par la plupart des théologiens (1) :