‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 75 sur 277 · V(»ir no 174, noie · texte numérisé non relu

V(»ir no 174, noie

CAS DE DOUTE SUR LA JUSTICE DE LA GUEKKE. LES SUJETS l3l

D'après Hostiensis, il semblerait (voir n° 45) que la réponse à celle question doive être la pluparl du temps négative ; mais les autres auteurs, tant théologiens que canonisles, paraissent être tombés d'accord pour établir la distinction indiquée par les deux textes suivants :

Si la guerre, dit Sylvestre (Summa, v° hélium) (i;, est déclarée par un souverain, elle est, en cas de doute, présumée juste. Si elle est déclarée par un prince qui reconnaît un supérieur, elle est dans le même cas présumée injuste.

Toute guerre, dit à son tour Arias (De bello et ejus justitia), est présumée injuste et coupable, si elle est déclarée par un prince qui a un supérieur, sans l'autorité de ce supérieur ; il en est autrement quand elle l'est par un prince souverain : alors la juste cause se présume.

D'autre part, ainsi que nous l'avons vu (n**' 60 et 61) :

1° On n'a jamais le droit de prendre part à une guerre que Ton sait être injuste, ni même, fût-on dans l'erreur, à une guerre que Ton croirait injuste :

Les soldats qui meurent dans une guerre injuste, et avec ce seul péché mortel, sont damnés (saint Antonin, Summa, t. I, pars. II, cap. VI) (2).

La guerre injuste est par elle-même un péché mortel (Cajétan, Summula, v** Bellum) (3).

2"* Les sujets inférieurs (c'est-à-dire autres que le roi et ses conseils) ne sont pas tenus d'examiner les causes de la guerre : ils peuvent combattre en faisant confiance à leurs supérieurs {Victoria, Siiarez, etc., voir n**' 61, 266 et 358) (4).

Mais si les sujets ne sont pas tenus d'examiner les causes de la guerre, ils peuvent le faire. Il peut donc arriver en fait qu'ils conçoivent des doutes sur la justice de la cause, ou, pour d'autres motifs que la cause, sur la justice de la guerre.

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