Voir Suarez, n^^ 377 à
l52 CONSÉQUENCES DE LA DOCTRINE ET DROITS DU VAINQUEUR
raison, il n'est pas permis de mettre à mort les étrangers, soit qu'ils voyagent, soit qu'ils habitent le pays ennemi : car ils sont innocents, et en vérité ne peuvent être considérés comme ennemis : de même encore les clercs et les religieux que l'on doit considérer comme innocents dans la guerre, sauf preuve contraire, comme lorsqu'on les trouve les armes à la main (Victoria, n° 278).
Il nest pas davantage permis de tuer les innocents par le motif qu'ils constitueraient plus lard un danger. Car on n'a pas le droit de faire le mal pour éviter même un plus grand mal, et de mettre quelqu'un à mort pour une faute qu'il n'a pas encore commise : il est donc défendu de tuer les enfants des Sarrasins sous le prétexte que lorsqu'ils seront grands ils combattront les chrétiens (Victoria, n^ 280}.
94. — Toutefois, il peut arriver accidentellement que des innocents soient tués, sans que pour cela ceux qui ont guerre juste soient coupables.
Toutefois, accidentellement, il est permis de tuer des innocents, même en connaissance de cause, par exemple quand, dans une guerre juste, on assiège une ville où l'on sait qu'il y a un grand nombre d'innocents, mais lorsqu'on ne peut employer des machines ou des projectiles ou mettre le feu aux édifices sans faire périr des innocents en même temps que des coupables. La raison en est qu'autrement il ne serait pas possible de faire la guerre même aux coupables (^Victoria, n"279)(i).
Mais il ne faut pas que la guerre entraîne des maux plus grands que ceux qu'elle a pour but d'écarter. Si donc il est de peu d'importance pour la victoire complète de prendre une ville dans laquelle il y a un grand nombre d'innocents, il n'est pas permis, pour réduire quelques ennemis, de tuer un grand nombre d'innocents, en employant des procédés qui frappent indifféremment les uns et les autres (Victoria, no 279).
b) Les coupables.
95. — Kn ce qui concerne les coupables, tout au moins les principaux, la peine de mort est permise.
Quand la victoire est acquise et que la situation ne présente plus de danger, on a le droit de mettre à mort les coupables.
Car la guerre n'a pas seulement pour but de reprendre les choses injustement enlevées, mais aussi de punir les injustices. Or, pour