‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 85 sur 277 · Voir Suarez, n · texte numérisé non relu

Voir Suarez, n

Dans plusieurs endroits au cours de ce ctiapitre, nous nous sommos conlcnlé de résumer les passages de Victoria, au lieu de les reproduire avec tous leurs développements. Le lecteur qui voudra en connallre le texte complet n'aura qu'à se reporter à la traduction qui se trouve dans la III* partie de notre ouvrnire et aux numéros indiqués ù chaque citation de Victoria.

De même, en ce qui concerne Suarez, nous nous sommes contenté, toutes les fois qu'il est d'accord avec Victoria, d'indiquer les endroits où il a traité la même question et les numéros do la traduction du >« De bello » que l'on pourra consulter dans la \\\* partie.

PUMR LES COUPABLES l53

punir une injuslice, il est permis d'en metlre à mort les auteurs ; cela est permis à l'égard des malfaiteurs qui sont sujets de l'Etat ; cela l'est donc aussi à l'égard des étrangers (Victoria, n° 288) (i;.

Mais pour le seul motif de punir une injuslice, il n'est pas toujours permis de mettre à mort tous les coupables.

Il ne serait pas permis, s'il s'agissait de citoyens du pays, en présence d'un crime commis par une province ou une ville, de metlre à mort tous les coupables, ni dans une révolte générale d'exécuter toute une population. C'est pour un fait de ce genre que saint Ambroise refusa à Théodosc l'entrée de l'église. 11 faut considérer « l'injure » faite par les ennemis, les dommages qu'ils ont causés, et leurs autres actes délictueux, et s'inspirer de cette considération pour déterminer la peine et le châtiment, en écartant tout sentiment inhumain ou cruel (Victoria, n" 289).

Victoria s'est souvenu, on le voit, des paroles de saint Augustin (Ep. 205 ad Bonifac.) : « Le vaincu et le captif ont « droit à la miséricorde, surtout lorsqu'il n'y a point de « crainte de voir la paix troublée de nouveau. »

Mais lorsque la paix n'est pas possible autrement, on peut mettre à mort tous les coupables; c'est, suivant lui, le cas pour les infidèles qui attaquent les chrétiens (2) :

Parfois cependant, on peut et on doit mettre à mort tous les coupables. C'est lorsque la paix ne peut être obtenue qu'en détruisant tous les ennemis ; c'est le cas quand il s'agit des infidèles, desquels on ne peut jamais et à aucunes conditions espérer une paix équitable. C'est pourquoi Tunique remède est de supprimer tous ceux qui peuvent porter les armes, à condition, bien entendu, quils soient coupables. Mais je ne crois pas cela permis dans une guerre entre chrétiens (Victoria, n" 290).

c) Les prisonniers et les otages.

96. — On peut, dans une guerre juste, mettre à mort tous les prisonniers et ceux qui se sont rendus, s'ils sont coupables, sans violer à proprement parler la justice.

Mais il faut se conformer au droit des gens, dans la mesure où les hommes de bien ont coutume de le faire ; or, il est admis par la coutume et le droit des gens que les prisonniers ne sont pas mis à mort, à moins qu'ils n'aient pris la fuite. Quant à ceux qui se rendent, ils stipulent d'ordinaire qu'ils auront la vie sauve (Victoria, n" 291).

On n'a le droit de mettre à mort les otages qui, soit au moment des trêves, soit lorsque la guerre est terminée, sont remis par les ennemis, dans le cas où ces derniers manquent à leur parole^ que si les otages

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