GUERRES ENTREPRISES PAR LES ISRAELITES DE LEUR PROPRE INITIATIVE
« Vous distribuerez le butin à toute l'armée, et vous vous nourrirez « des dépouilles de vos ennemis que le Seif^ncur Dieu vous aura don- (( nées. C'est ainsi que vous en userez à l'égard de toutes les villes qui « seront fort éloignées de vous, et qui ne sont pas de celles que vous « devez recevoir pour les posséder. »
Le peuple d'Israël, il est bon de le Faire remarquer, ne pouvait être un peuple de conquérants, désireux de s'emparer des territoires voisins, en dehors de ceux que le Seigneur lui avait assignés dans la Terre promise. Si sa religion lui commandait de conserver celle-ci dans toute son inlégrilé, ce qui pouvait le rendre très méfiant à l'égard de ses voisins, le maintenir sans cesse, matériellement et moralement, dans un état de défense armée, et développer chez lui un nationalisme que la connaissance de sa mission spéciale tendait d'ailleurs à surexciter, celle même religion lui inlerdisail loule conqucle lerriloriale. Il avait donc fort peu de raisons de ne pas vivre en paix avec ses voisins, hors la crainte d'être attaqué par eux, et le Seigneur lui défendait de les détester, comme le fait remarquer Clément d'Alexandrie [De lib. Slromalium, lib. Il, cap. 18).
« Dieu ne nous ordonne-t-il pas d'aimer les étrangers, non seulement comme des amis et des parents, mais comme nous-mômes, et de les aimer corps et âme ? Il ne s'est jamais élevé que contre les nations coupables. Il a dit : « Vous n'aurez pas l'Egyptien en abomination, car vous avez été étranger sur la terre d'Egypte », et par le mot d'Egyptien, il désigne à la fois les habitants de l'Egypte et ceux des autres pays du monde : et même quand il s'agit des ennemis, môme s'ils menacent nos murs, s'ils s'efTorcent de nous assaillir. Il ne veut pas qu'on les traite en ennemis, avant de leur avoir envoyé des députés qui leur proposeront la paix. »
Rien d'étonnant dès lors à ce que les enfants d'Israël considérassent leurs ennemis comme des agresseurs injustes, et missent à mort tous les adultes, c'est-à-dire ceux qui avaient porté les armes ou étaient présumés les avoir portées, comme des coupables, que Ton a le droit de punir par des peines suffisantes, pour les terrifier et prévenir ainsi des agressions ultérieures.
Il importe, d'autre part, de tenir compte des mœurs de l'époque, des mœurs des Israélites, des mœurs de leurs ennemis, et de la modération relative des premières ; il ne faut pas juger avec nos idées chrétiennes ce qui se passait à une épo-