‹ La Doctrine Sociale de Duguit: Ses Idées sur le Syndicalisme et la Représentation ProfessionnelleChapitre 11 sur 50 · NOT · texte numérisé non relu

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lui ont montré que la première conséquence immédiate, le corollaire incontestable de cette division du travail est la différenciation des hommes selon leurs affinités professionnelles. Groupés ainsi d’après leurs liens professionnels, les hommes, en conséquence de la division du travail et de leur différenciation, forment incontestablement des classes sociales professionnelles qui tendent à leur tour à acquérir « une structure juridique définie », uniquement possible et réalisable par et dans l’orgahisation syndicale. D’où le syndicalisme d’après Duguit n’est que l’organisation des classes sociales produites et conditionnée par la division du travail social. :

Egalement la division du travail, par suite de cette différenciation, implique comme seconde conséquence la solidarité sociale entre les hommes et entre les classes. Différenciés, les homms sont socialement utiles par le travail qu’ils exercent dans leur branche professionnelle déterminée. Produisant ainsi une seule sorte de valeurs sociales, ils sont obligés d'échanger les résultats de leurs efforts contre les produits des travaux des autres. D’où l’interdépendance par l’échange entre les hommes et la solidarité entre les classes sociales, groupements des personnes de mêmes affinités profesionnelles. C’est là aussi, dans la solidarité sociale que le credo social de Duguit: la collaboration des classes organisées juridiquement en syndicats, trouve la source. Done, c’est à cause de cette interdépendance sociale que Duguit va échafauder ses doctrines sur le syndicalisme et la représentation professionnelle et par elle les colorer. Son syndicalisme n’est que l’acquisition de la structure juridique de ces classes déterminées par la division du travail social. Sa représentation professionnelle n’est que la réalisation prafique, la forme sûüprème de ces rapports de l’interdépendance entre ces classes mieux entre les syndicats, C’est par là que la dépendance du syndicalisme et de la représentation professionnelle apparaît, parce que d’après le doyen de Bordeaux, le syndicalisme conditionne la représentation professionnelle et sans elle le syndicalisme n’obtiendrait nullement sa forme logique.

Ainsi, par sa représentation professionnelle, Duguit espère premièrement intégrer dans l’Etat le mouvement actuel syn-

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dical, le faire étatiser pour ne pas le laisser se diriger contre la collectivité et la puissance étatique. Par elle, Duguit va tâcher de résoudre certaines questions de technique parlementaire comme la question du bicaméralisme. Egalement par l'introduction des syndicats à la participation de la puissance publique, Duguit va réaliser pratiquement la soumission des gouvernants au droit. Comme les gouvernants et le droit proviennent d’après lui de la division du travail social et de ses. conséquences, évidemment leur liaison et le règne complet du droit seront plus facilement établis. Enfin la représentation professionnelle assurera une représentation plus juste et plus adéquate aux faits aussi bien qu’elle traduira en œuvre le principe tant désiré à être réalisé de collaboration des classes et de la paix sociale, |

N'oublions pas ensuite que Duguit a, en élaborant sa doctrine sociale introduit dans une certaine mesure sa doctrine et son mouvement syndical dans le mouvement et la doctrine associationniste, suite et réaction nécessaire de la logique du droit public élaborée sur et par les faits que Duguit a été révolutionnaire. D’où pour avoir l’image compiète de sa doctrine sociale, il faut incontestablement connaître sa doctrine et ses observations sur le mouvement associationniste, aussi bien que sa doctrine et ses constatations sur le mouvement syndicaliste et ses théories sur la représentation professionnelle. De telle sorte que sa doctrine sociale est d’un côté la consécration et la conséquence de sa doctrine sur la division du travail social et de l’autre la suite et le prolongement de ses idées et du mouvement associationniste Mais ainsi, l’étude de la doctrine sociale de Duguit sera-t-elle achevée ? Nous ne le croyons pas. La vérité est que pour bien juger la valeur d’un mouvement et d’une doctrine, il faut les comparer avec les doctrines et les mouvements correspondants chez les autres. D’où nous pensons de notre devoir de comparer avec le syndicalisme de Duguit la doctrine et le mouvement syndical tels qu’ils se présentent à notre époque aussi bien que la représentation professionnelle telle qu’elle est consacrée en. pratique et prévue en théorie,

5. C’st pourquoi notre étude de la doctrine sociale de Duguit va comprendre 7 chapitres. Dans le premier, nous allons traiter

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de ses idées sur l’associationnismme et sur le syndicalisme; dans le second, sur la représentation professionnelle. Dans lé troisième et le quatrième, nous exposerons le syndicalisme tel qu'il est et la représentation professionnelle telle qu’elle est élaborée par les publicistes et réalisée en pratique. Enfin dans le cinœuième, sixième et septième, nous nous proposons d'illustrer les critiques des autres publicistes et sociologues de Ia doctrine sociale de Duguit et de donner les nôtres aussi bien quant à son syndicalisme que quant à sa représentation professionnelle.

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