‹ La Doctrine Sociale de Duguit: Ses Idées sur le Syndicalisme et la Représentation ProfessionnelleChapitre 18 sur 50 · LENS · texte numérisé non relu

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théoriques qui se sont détachés visiblement de ses idées générales et qui, pour une large part, contribuent à la formation de l’image complète de ses conceptions syndicales. Notous que Duguit lui-même a souligné quelques-uns de ces caractères désirant ainsi achever sa doctrine, en lui donnant son véritable sens.

Premièrement, en doctrine même il présente et considère son syndicalisme comme un mouvement d’action, qui s’impose par sa propre force. Ne voulant pas esquisser une théorie qui doit rester sans aucun effet pratique, uniquement connue de ceux qui feuillettent ses nombreuses pages, Duguit a au contraire concu son syndicalisme comme une force vive, un mouvement d'action, qui porte en soi les plus hautes ambitions et se propose de les réaliser. La représentation professionnelle est pour lui une des principales conquêtes à faire. En la donnant comme but final à son syndicalisme, Duguit montre que le syndicalisme pour lui est un mouvement qui a la valeur d’une doctrine d’action même dans ses théories. D’où son syndicalisme est un mouvement qui en réalisant ses ambitions assurera par là même les transformations dans la société actuelle.

Secundo, Duguit continue le développement de son idée touchant les relations du groupe et de l’individu par rapport à la liberté de ce dernier qu’il avait déjà présentée en créant sa doctrine associationniste (1). Il a conclu que bien que le syndicalisme opère l’absorption de l’individu par le groupe, il renforce en somme par là la liberté individuelle des hommes. D’après lui, là où « chacun appartiendra à un groupe qui protègera sa personnalité sans l’absorber » (2), la liberté individuelle ne sera nullement annihilée, mais au contraire bien développée. C’est par et dans les groupements que la vraie liberté individuelle sera uniquement réalisée et ainsi la vie socale intensifiée, car d’après le doyen de Bordeaux, la vie so-

ciale supérieure est conditionnée par l’harmonie des individus et des unions.

(4) Duguit : Traité, t. I, p. 665.

(2) Duguit : De l’élection des Sénateurs, p. 473.

ARRET DRER

Troisièmement, le syndicalisme de Duguit est un mouvement de non lutte opposé aux doctrines qui ont pour genèse : classe contre ciasse. N’étant pas « un moyen de guerre et de divisions sociales », son syndicalisme est « un moyen puissant de pacification et d'union » (1). Fondé sur la division du travail qui n'implique pas la lutte, mais la collaboration et l’interdépendance, le syndicalisme duguiste est tout coloré de cette idée de coliaboration des ciasses. Ses syndicats qui naissent par suite de cette division du travail n’ont qu’un seul objectif : assurer l'entente et la collaboration des classes. N’étant pas révolutionnaire, son syndicalisme est nettement réformiste, un syndicalisme de collaboration des classes.

Quatrièmement, son syndicalisme est un mouvement d’organisation. Il organise juridiquement toutes les différentes classes sociales, en vue de la défense de leurs intérêts professionnels. De la masse amorphe faisant des organisations juridiques, le syndicalisme duguiste ne se borne pas seulement à s'organiser en vue de se défendre. Il s'organise parce que par le groupement il veut assurer « l’intégration sociale » des divers éléments sociaux. Par lui il désire transformer la puissance politique en organisant la représentation professionnelle. Enfin, en syndicalisme, Duguit voit un effort vers l’organisation de la production. Comment, pourquoi, 11 n’en dit rien.

La cinquième constatation que l’on relève chez Duguit est que son mouvement syndical, en tant que branche de l’associationnisme comme celui-ci naît de lui-même et doit ainsi nécessairement naître. Le législateur français s’est toujours opposé au mouvement associationniste en général, et syndical surtout en particulier. Mais malgré cela, contrairement à la volonté du législateur, les groupements syndicaux ont apparu portés par la force d’en bas, Premièrement hostile et les interdisant, le législateur s’est borné ensuite à les canaliser pour pouvoir enfin par là les renforcer. Affirmant cela, Duguit arrive à deux conclusions : d’abord que tout dans le monde est

(1) Duguit : Traité, t. II, p. 9,

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