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Pr ALAN | :
déterminé d’avance par les faits. Tout se produit de telle sorte parce qu'il faut que ce soit ainsi. Par ià ,il se présente comme un déterministe résolu. « Qu’on le regrette ou qu’on l’admire », « forcément » ie mouvement syndical se produira (1). D'où, poussant son idée jusqu’au bout, on pourrait dire que les classes se forment d’elles-mêmes, qu’elles sont en train de se donner une structure juridique définie par elles-mêmes, c’està-dire de se coordonner d’elles-mêmes. Mais Duguit va-t-il jusque-là ? On dirait que non et que Duguit deuxièmement, en étudiant les rapports entre les faits et la doctrine, entre la loi qui constate et la loi qui crée a pour beaucoup atténué le rôle de la force du déterminisme. En principe par sa doctrine fondamentale, Duguit considère la loi comme une constatation juridique de la règle sociale qui s’impose et voit en elle la traduction des règles que les faits ordonnent. Donc ce sont les faits qui déterminent la doctrine. Mais en soutenant cela, Duguit n’est pas catégorique. Il admet les atténuations même les exceptions. D’après lui, les syndicats professionnels, bien qu'ils soient le produit des faits et du mouvement associationniste en sont renforcés par le législateur et par ses lois qui « favorisent » son syndicalisme par « un effet en retour le dirige et lui donne un relief particulièrement frappant » (2). Ainsi Duguit témoigne qu’il admet que le législateur, par ses mesures juridiques, influence l'orientation des faits. Peu importe sous quelle forme. Admettre que le législateur favorise ou dirige le syndicalisme, qu'il le crée ensuite, n’est-ce pas, en réalité nier la conception fondamentale du déterminisme, que tout se fait par les faits et que tout se produit par les faits parce qu'ils s'imposent ainsi. Assurément oui. Une fois admettant le rôle actif du législateur et de la doctrine dans la formation des syndicats Duguit par là, cesse d’être un déterministe pur, ne pouvant plus faire dépendre uniquement la doctrine et la réalité de la marche des faits. ; Sixièmement enfin, son syndicalisme est corporatif, évolutif
PART Ne Fe ÉPIFSÉNRRES (1) Duguit : La Représentation syndicale au Parlement, p. 33; Duguit :
Fraité, t. II, p. 9.
At.
et général. Corporatif, premièrement en tant qu’il doit s’occuper de la défense des intérêts professionnels et de la profession en général, il est évolutif parce qu’il n’est pas arrivé à son complet développement, mais est « en train » de s’élargir pour devenir général en s'étendant à toutes les classes sociales. Duguit croit fermement et espère voir un jour que le syndicalisme sera partout dans toutes les manifestations de l’activité sociale. « Forcément, il s’étendra progressivement à tous les travailleurs sociaux, je veux dire à tous ceux qui apportent une part quelconque dans la division du travail social », dit nettement Duguit. Ainsi espérant que son syndicalisme deviendra un jour général, Duguit n’admet-il pas, par là même, qu'il est obligatoire. Duguit ne fuit pas les mots. Il sait et croit fermement que par la force des choses, la division du travail conduira toutes les branches de l’activité humaine à leur syndicalisation. Donc, que peut-être malgré eux, les hommes seront obligés « un peu plus tôt ou un peu plus tard » à devenir les adhérents de leurs syndicats respectits. Partout dans toutes les manifestations de la vie sociale, le syndicalime deviendra ainsi obligatoire. On ne peut pas s’en passer si on ne veut pas aller à l’encontre de soi. Maïs notre époque étant « transitoire » et « de transformation » n’implique pas une syndicalisation à outrance. Duguit ne la demande pas. Il faut que les faits la forment. Tous ceux qui « ne veulent pas entrer dans les syndicats ils le peuvent assurément, mais alors ils se mettent en marge de leur classe volontairement », dit clairement Duguit. Le syndicat obligatoire s’imposera tout seul par la force des choses. C’est sa pensée. Aujourd’hui on pourrait parler de la liberté des individus par rapport aux associations syndicales, mais un temps viendra où les individus, pour ne pas commettre leur propre suicide, seront obligés de ne pas rester en dehors des syndicats. D’où Duguit conçoit le syndicalisme moderne comme un mouvement général qui, par la puissance des faits deviendra sûrement obligatoire, en tant qu’il sera vraiment général.
6° De ses conceptions syndicalistes, certaines conséquences enfin résultent. Elles sont en même temps les caractéristiques