‹ La Doctrine Sociale de Duguit: Ses Idées sur le Syndicalisme et la Représentation ProfessionnelleChapitre 28 sur 50 · PR DE · texte numérisé non relu

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sible. D’où elle est le couronnement de ce processus d’ordre naturel et évolutif qui s'opère par étapes dans la société.

Sa représentation professionnelle, enfin, est évolutionniste par son but et par son ambition intime, Elle régénérera la socii: en assuraht le progrès par l’harmonie et la coordination des classes qui re se réaliseront que par la participation de tous les éléments constitutifs du pays à sa direction. Les transformations qui en résulteront assureront le progrès de la société tout entière et du parlementarisme en tant que système. La paix sociale ne sera pas un vain mot. La crise du parlementarisme n’existera pas, car l’entente régnera dans la vie de la collectivité dont le parlement n’est que le miroir et le reflet. Et ainsi, la phrase de Gide, confirmée par les faïts que « le syndicalisme ne sera pas parlementariste, maïs le parlementarisme sera syndicaliste » recevra sa pleine valeur (1).

3° Sa représentation professionnelle est syndicaliste. — La représentation professionnelle de Duguit est syndicaliste non seulément en tant qu’elle sera l’aboutissement logique de sa doctrine syndicale, maïs aussi en tant qu’elle sera le prolongement et le couronnement du mouvement syndical actuel. Composée des ayndicats, sa chambre syndicale représentera les classes sociales juridiquement organisées en syndicats, donc, elle sera la réunion des représentants des syndicats qui participeront à la direction des affaires publiques. Ainsi, ayant l’empreinte syndicale, la représentation professionneile duguiste toute entière sera syndicaliste.

Premièrement donc, elle est et sera syndicaliste parce qu’el! sera conquise et réalisée par le mouvement syndical existant! qui est une des forces les plus importantes de notre époque et le fait général commun à tous les pays. D’après Duguit, ce mouvement, parce qu’il est général, porte en soi le germe de la représentation professionnelle qui est son but final. II va la

il 2 Sr eee ro (4) Duguit : La Représentation syndicale au Parlement, p. 43.

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réaliser en tout cas; peu importe si ses promoteurs le qualii: de mouvement résuitant de la lutte des classes ou de la dis: sion du travail social et n’ayant rien à voir avec la représentation protessionnelle. Il ia réalisera parce que c'est un inouvemeni qui existe et qui est fondé sur l’idée de l’intéret .. la profession, qui nécessairement, tendent à la représentation. C'est sur ces caractères du syndicalisme et du mouvemeï: . tant que Duguit va attribuer au syndicalisme de nos jours l': bition de s’intégrer dans la représentation professionnelle et de faire d’elle une chambre syndicale. C’est ainsi qu’il espère éiatiser le syndialisme et c’est par suite de cette ambition que s° représentation professionnelle devient syndicaliste. Deuxièmement, c’est par l'aboutissement logique de toute sa doctrine sociale, indépendamment de l’appréciation du mouvement syndical existant, que sa représentation professionnelle acquiert son caractère syndicaliste. ‘Toute sa doctrine soci:: est en somme syndicaliste. Produit de la division du travail, « place dans toutes ses théories nombreuses comme son point de gravitation les syndicats. Se fondant sür les données de cette division, c’est-à-dire sur la différenciation des hommes en classes sociales et leur interdépendance, la doctrine sociale de Duguit prévoit d’abord la formation et l’existence des classes sociales, des syndicats ensuite, et enfin de la représentatio: professionnelle. Ces classes sociales naissant par suite des affinités professionnelles entre les hommes tendent à s’organiser « juridiquement », et ainsi par cette organisation juridique, les classes se transforment en syndicats comme l’interdépendance entre ces classes sociales et les syndicats comme leur stade supérieur est la seconde règle de la division du travail, par là les hommes doivent s’entr’aider et les syndicats collaborer. Ainsi, la collaboration entre les classes et leur solidarité deviennent le sens et l’esprit de tous les syndicats. Par suite cela, dans la pensée de Duguit, l’harmonie sociale ne peut 5° réaliser qu'’uniquement par les syndicats et grâce à leur rénnion dans une chambre syndicale. C’est ainsi que les chambr: syndicales, c’est-à-dire les représentations professionnelles,

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deviennent les moyens suprêmes de la réalisation de lharmonie et de la collaboration des ciasses et des syndicats sociaux. D’où ia Chambre syndicale assure la représentation de tous les syndicats, de toutes les classes sociales et, par ce moyen, réalise la paix et la solidarité sociales, D'où sa représentation politique devient professionnelle et syndicale.

4° Sa représentation professionnelle est conforme à l’idée de la souveraineté nationale. — Bien que Duguit ait nié avec tant de force l'exactitude et le bien-fondé de la théorie française sur la souveraineté nationale, il a tout de même tâché de démontrer dans la croisade qu’il a entreprise, à travers ses nombreux ouvrages en faveur d’une représentation syndicale, la conformité de sa théorie sur la représentation professionnelle avec les conceptions régnantes de la souveraineté nationale. En concevant ainsi la représentation professionnelle et en la présentant comme le dérivé logique de la souveraineté nationale, Duguit a dû se heurter et s’est heurté par une pareille interprétation de la souveraineté à Esmein, son plus ferme et plus convaincu défenseur. Interprète et soutien des principes révolutionnaires de 1789, Esmeïn s’est toujours opposé, en tant que partisan de la notion de la souveraineté nationale, à lier cette souveraineté à la représentation des intérêts. D'abord, Esmein traite cet accouplage d’ « inconciliable avec le principe de la souveraineté nationale » parce qu'il croit fermement que la représentation des professions assurera la prépondérance des intérêts particuliers sur l’intérêt général. Pour Esmein, la souveraineté nationale n’a qu’un seul objectif. faire primer l'intérêt général sur les intérêts particuliers. Comme par l'introduction des représentants des professions dans la direction des affaires publiques, la primauté de l’intérêt général est compromise, Esmein la condamne au nom même de ce principe de la souveraineté nationale, par lequel Duguit espère lui donner droit de cité, aussi, dans le système du droit publie actuel (1). Deuxièmement, Esmein considère

(1) Esmeiïin : Traité de droit constitutionnel, t. I, p. 69, 70, 139, 332.

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