‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 106 sur 297 · Matth. XXVI · texte numérisé non relu

Matth. XXVI

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mère, à la condui'e dos Apôtre?, au deïcide dos Juifs qui, pendant si longtemps , avaient été lo peuple choisi ; enfin à tant d'fàmes qui devaient méconnaître son amour et mépriser la voix de son sang répandu. Ali ! voilà surtout le calice que Jésus ne voulait pas boire. Il donne sa vie pour le salut du monde et son regard prophétique lui montre, à travers les siècles, l'ingratitude des hommes. Cette pensée est un fardeau écrasant et il eut succombé si un ange ne fût venu lui donner la force de boire le calice jusqu'à la lie.

Le second excès de Jésus dans sa Passion fut l'excès d'opprobres et d'humiliations dont il fut abreuvé. Le souvenir de son récent triomphe à Jérusalem dut rendre encore plus amer le navrant contraste entre les acclamations enthousiastes et les cris de colère, les insultes et les anathèmes. Mais pour prouver que ses abaissements sont volontaires, il prélude à ce second acte du drame lugubre par un éclatant miracle. Il demande à ceux qui, au nom des Scribes et des Pharisiens, venaient le saisir au jardin de Gethsémani : « Qui cherchez-vous ? Ils répondent : « Jésus de Nazareth. Jésus leur dit. C'est moi Ego sum et aussitôt, ils tombent la face contre terre (1). Quelle est donc l'irrésistible puissance cachée dans celte parole, si simple : C'est Moi, Ego sum ? Ah ! cette parole, nous l'avons déjà ontendue, ce n'est pas pour la première fois qu'elle retentit à des oreilles mortelles. C'est cette parole devant laquelle Moïse tremblant se voila la face lorsqu'il entendit une voix qui disait dans le buisson ardent: « Ego sum, c'est moi qui suis le Dieu de ton père, le « Dieu d Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Ja-

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