‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 117 sur 297 · Ht p., q. Lxxn, a · texte numérisé non relu

Ht p., q. Lxxn, a

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 189

Saint Thomas nous donne une admirable raison de ce retard apporté par Notre-Seigneur à l'exécution de sa promesse.

L'heure la plus grave et la plus solennelle de l'existence d'un homme est celle qu'une mort prochaine empreint d'une grandeur surnaturelle et d'une imposante majesté. A la grande lumière de la mort, l'homme se recueille, il comprend que c'est le moment suprême et que sa dernière heure doit mettre le sceau sur sa vie tout entière. Il laisse son nom sous la garde de quelques-unes de ces paroles dignes d'être écrites sur un tombeau et qui accompagneront sa mémoire dans le cœur de la postérité. C'est aussi le moment où il fait ses recommandations dernières, car il sait qu'elles se graveront plus profondément dans les âmes émues au spectacle de cette scène auguste: un homme va mourir!

Les dernières paroles d'un homme sont sacrées, aussi Jésus-Christ a attendu la veille de sa mort pour prononcer ce mot le plus sublime que lui ait arraché son amour : Ceci, c'est mon corps.

Notre-Seigneur a voulu nous donner son corps en nourriture pour réparer le mal qu'Adam avait fait à la race humaine en mangeant le fruit défendu. De même, dit saint Thomas (1), que le fruit de l'arbre de la science du bien et du mal a été la source de toute corruption et de la mort, de même le principe de la justification et de la vie est renfermé dans la nourriture céleste que nous offre le Christ en nous donnant sa chair à manger et son sang à boire. Cet aliment divin dissipe les ténèbres répandues sur l'intelligence par la désobéissance d'Adam, il amortit

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