De Sacramento Altaris, c. vi
le feu des passions allumé par le fruit de Tï^don, et en nous communiquant le germe de la vie éternelle, il détruit le principe de mort inoculé dans nos veines par l'arbre de la science du bien et du mal.
L'homme tout entier est rassasié à la table où le convie le Christ. Il y a, en eflet, en nous une àme spirituelle et immorlelle semblable à la nature angélique. A cette àme, il faut un aliment qui lui soit porporlionné, qui la fasse vivre et qui la soutienne; il lui faut le Verbe, la sagesse éternelle du Père. C'est de cette nourriture que parlait l'archange Raphaël quand il disait à Tobie : « Je me nourris d'un ahment invisible aux yeux des hommes (i). » Mais en vertu de son union avec le corps, l'àme doit prendre cette nourriture sous une forme sensible, c'est une loi qui ne souffre aucune exception, ausf^i Dieu lui offre la chair du Verbe incarné et lui donne un aliment immatériel et proportionné cependant aux exigences de sa nature.
Les voiles sous lesquels Notre-Seigneur se cache dans l'Eucharistie sont plus impénétrables encore que les saintes obscurités du mystère de l'Incarnation. Jl a voulu éprouver notre foi et nous demander, devant ce témoignage de l'immensité de son amour, la soumission complète de notre raison : qu'importe le témoignage des sens puisque nous avons la parole du Christ ? Mais, s'il est voilé sous les espèces Eucharistiques, les âmes lidèles entendent et reconnaissent sa voix.
Les yeux d'Isaac s'étaient obscurcis ; il croyait toucher et sentir les vêtements d'Ésaii et cependant il entendait la voix de Jacob. Le chrétien a dc^?ant les yeux le bandeau