I Cor. XI
198 LA DOCTRINB SPIRITUELLE
nous résolument en face de cette saisissante pensée : un Dieu est là, je vais recevoir un Dieu. Il est là, aussi véritablement qu'il était autrefois dans la crèche, dans la maison de Nazareth, sur les montagnes, au bord des lacs, au miheu des déserts et sur la croix. Il est là, comme il est au ciel à la droite du Père, rayonnant de gloire et recevant les adorations des Anges. Il est là ! que mon regard illuminé par la Foi soulève les espèces Eucharistiques, que cette parole : « Ceci est mon corps » dissipe les ténèbres et fasse tomber les voiles qui me dérobent mon Seigneur et mon Dieu. Qu'il ne puisse pas m'adresser ce reproche : Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? (1) Mais au contraire qu'il puisse nous dire : Votre foi vous a sauvé (2). Si, malgré nos efforts, notre foi n'est pas assez vive, plaignons-nous amoureusement à Lui : Seigneur ^ augmentez ma foi (3).
Humilions-nous profondément avant de recevoir notre Dieu. Que sommes-nous? qu'avons-nous fait pour mériter un tel honneur? Nous ne sommes que péché, corruption et misère. Qu'est donc l'homme devant la grandeur infinie et l'inénarrable majesté de Dieu ? Aucune comparaison ne donnera une idée de la distance qui sépare Dieu de l'homme : ni la trace fugitive du navire sur les eaux^ ni la feuille emportée par les vents, ni l'atome infime qui flotte dans un rayon de lumière, ni l'insaisissable parfum des fleurs qui s'évapore. Toutes ces images sont impuissantes, car entre Dieu et nous, il y a l'abîme de l'infini, et cependant un Dieu vient à nous et il se donne à nous !
Si encore nous avions su toujours apprécier les bien-
J. Matth. XIV, 31.