Rou). III, 24. — I Cor. xv, 10. — Hoiii. vi
qui aime et qui veut puissamment. Je lui en sais bon frré, car ces cœurs demi-morts, à quoi sont-ils bons ? »
Le péché est la conséquence naturelle de la faiblesse de l'àme. Nous n'entrerons pas dans le détail de chaque péché en parliculier, car nous n'écrivons pas un traité de théologie; nous nous contentons d'exposer quelques considérations d'après Saint Thomas.
Le péché est une transgression de la loi de Dieu ; elle est grave ou légère, d où la distinction de tous les péchés en deux classes : les péchés mortels et les péchés véniels.
Pour se rendre compte de la gravité d'un péché, il faut, dit Saint Thomas (1), envisager l'acte commis et le principe d'où il découle, c'est-à-dire l'agent. Or, dans l'acte, il y a deux choses ; la substance, c'est-à-dire l'acte en lui-même, et les accidents, c'est-à-dire les circonstances qui l'entourent. L'acte étant spécifié par son objet, il faudra mesurer la gravité du péché d'après le degré d'élévation de la vertu qui lui est opposée. Or, la vertu suprême, celle qui est le lien et le sommet de la perfection (2), c'est la charité qui nous ordonne à Dieu notre fin dernière. Nous devons, en effet, aimer Dieu de toute notre âme, de tout notre esprit, de tout notre cœur et de toutes nos forces ; les péchés les plus grands sont donc ceux qui s'attaquent directement à Dieu : l'idolâtrie, le blasphème, la révolte contre l'autorité divine sous quelque forme qu'elle se présente.
L'idolâtrie proprement dite n'existe plus parmi les chrétiens, mais si on n'adore plus les idoles on s'adore soi-même, et ce péché, bien que perdant de sa gravité, s'in-