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complaisance, etc., ne constituent que des péchés véniels car ils ne sont pas en opposition formelle avec la charité.
Le péché véniel entrave l'essor de Tàme et ralentit sa marche dans la voie de la perfection. Il arrête, en effet, Tertusion des grâces que Dieu nous accorderait si notre volonté toujours docile à ses impulsions brisait les mille liens qui s'efforcent de la retenir. C'est ainsi que, d'une manière accidentelle et indirecte, le péché véniel amoindrit la charité. Il diminue surtout l'énergie de ses actes. Les actes surnaturels d'une àme embarrassée par des péchés véniels qu'elle commet sans scrupule sont faibles, languissants et sans force. Elle aime Dieu sans doute, mais son cœur, sollicité par l'attrait des choses de la terre, n'a ni la tendresse, ni la promptitude des élans que doit désirer une àme soucieuse de sa perfection. La ferveur se ralentit, le feu s'évapore, la lumière se voile, et si l'on n'y prend garde, le froid gagne vite et la nuit se fait. C'est là surtout ce qui rend le péché véniel dangereux. Il habitue l'àme à ne compter presque pour rien ce qui n'est pas une faute grave, il nous familiarise avec les manquements légers et nous dispose ainsi à des chutes profondes : disponit ad casiim, dit saint Thomas. Cette pensée doit engager les chrétiens fervents à la plus minutieuse attention. On arrive peu à peu, presque sans s'en douter, sur le bord de l'abîme, pour rien au monde on ne voudrait y tomber mais on côtoie le sentier et on joue avec le danger.
Il est d'ailleurs bien peu généreux de ne compter qu'avec les fautes qui offensent Dieu mortellement et de commettre de gaieté de cœur, pour ainsi dire, des péchés qui attristent le cœur d'un Dieu qui nous a tant aimés. La vraie et solide dévotion est donc incompatible avec l'habitude du péché véniel.
Il faut distinp;uer entre le péché véniel et l'habitude ou l'affection du même péché: « Nous ne pouvons jamais « être du tout purs des péchés véniels, dit saint François « de Sales (1), au moins pour persister longtemps en cette « pureté; mais nous pouvons bien n'avoir aucune afCec- « tion aux péchés véniels. Certes, c'est autre chose de « mentir une fois ou deux de gaieté de cœur en chose de 0 peu d'importance et autre chose de se plaire à mentir « et d'être affectionné à cette sorte de péché. »
Malgré notre vigilance il nous échappera toujours des fautes légères, les conditions de notre nature ne nous permettent pas d'atteindre à une pureté parfaite. Il ne faut pas cependant en prendre facilement notre parti et dire : Si la perfection est un but où je n'arriverai jamais, pourquoi tant me préoccuper de fautes inévitables à la faiblesse humaine? Oui, les fautes sont inévitables, mais l'atfection à ces fautes dépend de notre volonté. Aidés de la grâce divine nous pouvons les détester de tout notre cœur et les déplorer amèrement ; si au contraire nous fermons l'oreille aux pressantes sollicitations de l'Esprit de Dieu, nous les commettrons sans remords et nous leur ouvrirons la porte de notre cœur. C'est cette disposition qu'il faut combattre en arrachant de notre àme Vajfection au péché véniel.
Sans cela nous ne savourerons jamais dans toute leur plénitude les joies du service de Dieu et nous nous priverons volontairement des plus tendres caresses de Notre- Seigneur.
Dans la pratique la limite qui sépare le péché véniel du péché mortel est quelquefois indécise, en ce sens qu'il est