In episto. ad Rom., c. i, lect. VI
DE SAINT THOMAS d'aQUTN. 27
Si nous n'avions, pour connaître Dieu, que cette triple atïirmation des créatures, si la raison était réduite à rechercher seule les témoignaj:çes divins, nous serions exposés, d'abord à nous perdre comme l'ont fait tant d'autres, et enlin il faudrait renoncer à entrer dans le sanctuaire où Dieu dévoile ses plus intimes secrets. La raison ne peut nous conduire que sur le seuil du temple, elle nous révèle l'existence et les principales perfections de Dieu ; mais cela no suffit pas à une àme qui veut pénétrer la vie de Dieu et s"uuir h lui dans les joies de la contemplation. Aussi Dieu a ouvert au genre humain une voie plus sûre en se faisant connaître à nous par les lumières de la foi (1) : Personne ne connaît ce qui est de Dieu, si ce n'est l'esprit de Dieu, mais Dieu nous Va révélé par son esprit.
C'est l'esprit de Dieu vivant dans l'àme du fidèle qui lui révèle les choses divines. L'àme ainsi illuminée ne dédaigne pas sans doute les lumières de la raison, mais son point d'appui le plus sûr, la clarté vers laquelle elle tourne le plus volontiers ses regards et qu'elle suit avec une absolue confiance : c'est la Foi. Loin de se mettre en garde contre les merveilles que la Foi lui enseigne de la beauté, de la sagesse, de la puissance de Dieu, et des miracles de l'amour infini, l'àme au contraire, poussée par l'esprit de Dieu, se plaît à écouter le récit de ces grandeurs qu'elle adore sans les comprendre, et elle est heureuse de savoir que son Dieu est si grand qu'il dépasse infiniment tout ce que peut soupçonner l'intelligence humaine.
La connaissance de Dieu, dans la vie spirituelle, s'appuie donc principalement sur les données de la Foi, mais cela ne veut pas dire que cette base soit chancelante et