‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 161 sur 297 · Ibid. a · texte numérisé non relu

Ibid. a

266 LA DOCTRINE SPIRITL'ELLK

vcîments : on délibère, on ju^^e, on aj^it. Dans le premier, on s'éclaire et on clierclio les molifs déterminants ; dans le second, on prend une résolution ; dans le troisième, on l'exécute. Ce dernier mouvement est le plus rapproché de la raison pratique ; il est donc du domaine de la raison pratique, c'est-à-dire, de la prudence.

C'est elle qui préside à tous les actes de Thomme sage ; elle tempère l'entraînement des uns, elle aiguillonne la paresse des autres, et elle soumet la vie à l'empire de la raison. Un homme prudent ne se laisse pas emporter par les flots des passions, il ferme l'oreille aux clameurs de ces funestes conseillères, et il se garde bien d'agir sous le coup d'une émotion trop vive. Mais pour apprécier à sa juste valeur le grand rôle de la prudence dans le gouvernement de la vie, il ne faut pas la confondre avec certaines dispositions qui empruntent les dehors de cette belle vertu, sans en avoir la réalité.

Il y a, en effet, dit saint Thomas, (1) une prudence fausse, une prudence vraie mais incomplète, tandis que la vertu dont nous nous occupons est la prudence complète et vraie.

La prudence fausse est celle d'un homme qui dispose habilement de moyens sûrs pour atteindre une fin mauvaise. Un voleur, par exemple, prendra toutes les précautions imaginables pour réussir sans être découvert : c'est de l'habileté, ce n^est pas de la prudence. Ils ne sont pas dignes de la belle qualification d'hommes prudents, ceux qu'emploient les ressources d'un esprit fertile en expédients pour mener à bonne fin leurs entreprises coupables. Ces principes ne s'appliquent pas seulement à

Page 1