‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 163 sur 297 · T. q. Liv, a · texte numérisé non relu

T. q. Liv, a

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 269

« surveilla leur fortune avec tant d'intelligence que cellea ci doubla en quelques années. » (1)

Certes, personne n'accusera la grande âme de sainte Chantai de s'être laissée séduire par Tappàt des biens de ce monde, et cependant on voit avec quel soin et quelle prudence elle a administré la fortune de ses enfants. La conduite de la sainte est-elle en contradiction avec les paroles de Notre-Seigneur nous recommandant de ne pas nous préoccuper aii sujet de ces choses? (2) /Nullement, et pour s'en convaincre, il suffit de méditer la sage doctrine de saint Thomas.

La sollicitude à l'égard des biens temporels, dit-il (3), peut-être illicite de trois manières.

1° Si nous recherchons ces biens comme s'ils devaient être notre fm dernière, il est évident que cotte sollicitude est incompatible avec la vie du chrétien dont Dieu seul est la fin dernière.

2° Si noire désir est tellement exagéré qu'il nous fait oublier les biens spirituels. C'est un désordre flagrant, car l'intensité de nos désirs doit être en raison directe de la grandeur et de l'importance des biens que nous convoitons, or, les choses du ciel priment de beaucoup les richesses que la terre peut nous olïrir,et désirer celles-ci au point d'oublier les premières, c'est leur donner dans notre cœur une place qu'elles ne méritent pas et faire injure aux dons de Dieu.

3' Si notre crainte de manquer des choses nécessaires à la vie implique une défiance marquée à l'égard de la Providence divine.

Dieu, par la sollicitude avec laquelle il veille sur toute

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