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DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 273
nous jup^es de la conscience et de la conduite de nos frères ? qui nous a confié cette mission? où est notre mandat? Si nous occupons une charge qui nous impose ce devoir, ohl alors, nous sommes dans notre rôle en prononçant une sentence ; mais en dehors de ce cas, il nous sera demandé compte de tous nos jugements usurpés.
Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, nous dit Notre- Seigneur, ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; on se servira envers vous de la mesure dont vous vous serez servi pour les autres. Vous voyez un fétu dans l'œil de voire frère et vous n'apercevez pas une poutre dans le vôtre (1). Dieu, dit saint Thomas en commentant ces paroles de TÉvangile, Dieu s'est réservé de juger les consciences, les actes extérieurs seuls sont du ressort de ceux qui sont préposés à cet effet.. Quant aux autres qui n'ont aucun mandat, qu'ils se gardent de juger, s'ils ne veulent pas être jugés à leur tour. Et cependant, nous jugeons si facilement tout et tous ; il est même des esprits chagrins et malveillants qui interprètent dans un sens odieux les démarches les plus inolfensives, tandis qu'il nous est ordonné de ne jamais supposer le mal et, dans les cas douteux, de pencher toujours du côté de la douceur et de la charité. Quand le mal est évident, il ne nous est pas défendu de le voir, mais abstenons-nous de juger si notre charge ne nous y oblige pas. Soyons miséricordieux et il nous sera fait miséricorde (2). Si nous sommes tentés d'émettre des appréciations sévères, songeons à nos péchés, au jugement de Dieu et au pardon qu'il a promis à ceux qui auront été doux et charitables pour leurs frères.
La troisième condition exigée par saint Thomas pour