‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 169 sur 297 · Ibid. a · texte numérisé non relu

Ibid. a

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 275

elles cherchent des palliatifs pour excuser avec autant d'empressement que d'autres mettent de passion à condamner.

La haine, la colère et l'envie sont la seconde cause des soupçons. On hait un homme, donc tout ce qu'il fait est mauvais; on le jalouse, donc il n'a que des vices et pas une vertu; et quand la colère vient s'ajouter à ces deux misérables passions, un rien suffit pour faire surgir en nous les plus graves soupçons.

Nous n'avons pas le droit de mépriser le prochain quand nos appréciations reposent sur des bases aussi fragiles et nous commettons une injustice si nous acceptons à la légère des soupçons aussi peu fondés. Ne cherchons pas à nous excuser en disant que les hommes sont, en général, plutôt méchants que bons ; que le mal est la règle, le bien l'exception; et que c'est s'exposer à être dupe que d'interpréter toujours favorablement des actes dont la culpabilité est probable.

Il est vrai, répond saint Thomas (1), qu'on s'expose à se tromper souvent, en ayant une bonne opinion d'un homme méchant, mais cela vaut mieux que de se tromper quelquefois seulement en jugeant mauvais un homme bon. Oui, on est souvent trompé, mais quand il ne s'agit que des appréciations où aucun intérêt n'est en jeu, on n'est jamais dupe, car Dieu nous tiendra compte de la droiture de nos intentions et de la condescendance avec laquelle nous en aurons usé envers le prochain.

La restitution est un devoir qui s'impose impérieusement à quiconque a violé un droit. Une classe d'hommes, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, viole les droits

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